Ce samedi après-midi, l’Écosse reçoit le XV de France à Murrayfield pour la 4e journée du Tournoi des Six-Nations. Un choc très attendu, où les Écossais nourrissent encore de grandes ambitions dans cette compétition.
Sione Tuipulotu, le trois-quarts centre écossais, s’est confié à L’Équipe sur cette rencontre décisive. “Quelle opportunité nous avons créée pour notre équipe… Vous avez raison, une des meilleures équipes du monde nous rend visite. C’est super pour nos supporters, pour notre équipe et pour voir à quel niveau nous sommes. Je suis très excité et content de la préparation de l’équipe cette semaine”, a-t-il déclaré, enthousiaste.
Le plan de l’Écosse est clair : rester au contact des Bleus le plus longtemps possible afin de les déstabiliser et s’imposer dans les ultimes minutes. “C’est le plan pour ce match, rester avec eux (au tableau d’affichage) mais aussi être confortables dans nos têtes si on venait à être devant. Les trois premiers matches du Tournoi nous ont permis de connaître différents scénarios, ça nous a bien préparés pour ce match. Nous nous sentons prêts et notre boulot, ce sera de faire en sorte que la France se sente le plus inconfortable possible, le plus longtemps possible”, explique l’international.
Motivés par la possibilité de remporter le Tournoi, les Écossais abordent ce rendez-vous avec un état d’esprit clair : “C’est une énorme motivation. Dans un Tournoi, j’ai compris que tout se résume à la place que vous occupez à la fin dans le classement et si vous ramenez le trophée à la maison ou non. Mais pour moi, dans ma tête, il n’y a aucun match après celui-là. C’est mon état d’esprit depuis que j’ai pris l’avion pour rentrer d’Italie (après la défaite à Rome lors de la première journée). Avant de jouer l’Angleterre, je ne pensais pas au match d’après. Et je pense qu’il faut qu’on garde cet état d’esprit, qu’on se concentre sur le présent. En face de nous, c’est la France et la semaine prochaine, on y pensera après ce match. Ce serait stupide de penser à la suite maintenant. On doit aller sur le terrain, exécuter le plan, puis on se tournera vers la semaine prochaine.”
Sione Tuipulotu ne tarit pas d’éloges sur le XV de France, qu’il décrit comme une équipe redoutable : “Sur différents aspects, ils sont brillants, non ? (sourire) Il y a de sacrés athlètes et ils dégagent une vraie cohésion. Probablement comme nous. La plupart de nos joueurs viennent de Glasgow, ils ont beaucoup de joueurs qui viennent de Bordeaux et Toulouse. Quand on joue ce genre d’équipes, on sait qu’il ne faut pas faire d’erreurs sinon ils peuvent vous punir. Ça a été une de nos forces contre l’Angleterre (31-20, 2e journée), on a commis très peu d’erreurs et été peu pénalisés. Quand vous faites ça, vous pouvez contrôler le match et regarder les adversaires dans les yeux. C’est le but pour nous cette semaine.”
Pour remporter la partie, les Écossais savent qu’il faudra être performants et constants tout au long de la rencontre : “On doit démarrer fort, mais en même temps, face à une telle équipe, ça ne vous garantit rien pour gagner le match. On doit commencer fort et finir fort, on aura besoin d’une performance constante sur 80 minutes, on sait qu’on en est capable. C’est notre objectif en tout cas et j’y crois. C’est l’un des plus gros matches que nous avons à jouer et on doit l’aborder avec cet objectif d’aller chercher quelque chose pour la semaine prochaine.”
Le duel entre les charnières, notamment entre Finn Russell et Antoine Dupont, promet d’être un moment clé du match selon Tuipulotu : “Je ne vais pas être objectif car je joue plus souvent avec Finn, mais évidemment, on connaît tous Dupont. Qui ne le connaît pas et ne l’admire pas ? Pareil pour Finn. Ce sont deux joueurs qui sont au sommet de leur rugby et qui sont capables de choses sur le terrain que personne d’autre n’est capable de faire, à mon avis. Donc ça rend ce match encore plus intéressant. La bataille des charnières plus généralement sera un gros enjeu du match. On a vu que Matthieu Jalibert a été très bon, et je sais que Ben (White, le demi de mêlée écossais) est très impatient de jouer ce match et d’être face à Dupont. Cette bataille entre ces quatre joueurs pourrait décider du sort du match.”
Enfin, interrogé sur son succès avec Glasgow face à Toulouse, Tuipulotu garde les pieds sur terre : “Le rugby international et le rugby de clubs sont deux choses différentes. Je serais idiot de penser que parce que j’ai battu Toulouse avec mon club, je vais battre l’équipe de France avec ma sélection. Mais il y a certains aspects tactiques de ce match que l’on peut utiliser, des choses qui nous ont permis de les battre. Finalement, ils restent humains et ce sont les mêmes hommes qui jouent pour Toulouse et l’équipe de France. Donc on peut prendre un peu de confiance après ce match de Coupe des champions mais c’est tout.”
Samedi, l’Écosse aura à cœur d’aller chercher un exploit face à des Bleus toujours prétendants au titre, dans un Murrayfield qui promet une ambiance électrique.







