Ce samedi après-midi, le XV de France s’est lourdement incliné face à l’Écosse à Murrayfield, lors de la 4ème journée du Tournoi des Six-Nations. Cette défaite marque une profonde désillusion pour les Bleus, vivement critiqués pour leur prestation.
Richard Dourthe, consultant pour Midi Olympique, n’a pas mâché ses mots à l’issue du match. Il dénonce d’abord ceux qui minimisent la défaite en insistant sur le nombre de points marqués par la France. « Je ne sais plus qui m’a dit ce samedi soir : “Ce n’est pas une rouste, Richard ! Le XV de France a quand même marqué 40 points !” Vous, qui aimez et connaissez le rugby, savez comme moi que cette phrase est une ineptie. Parce que les Écossais se sont évidemment arrêtés de jouer à l’heure de jeu, alors qu’ils menaient de trente points et que notre vaisseau était à la dérive. »
S’appuyant sur son expérience, Dourthe illustre ce relâchement adverse en rappelant une anecdote personnelle : « J’extrapole ? Non, je parle en connaissance de cause car j’ai souvent profité de ces relâchements coupables en Top 14 […] Nous avions pris l’habitude d’encaisser à l’extérieur cinquante grains en première période, de laisser l’adversaire lâcher le match et de marquer quatre essais dans la foulée pour repartir de là-bas avec le bonus offensif […] toutes les équipes se relâchent, une fois que le score est acquis… C’est humain… »
Mais derrière ce constat, le consultant exprime sa profonde déception et sa colère face à la performance des Bleus. « Au crépuscule de ce match à Édimbourg, je suis même à la fois déçu, en colère et inquiet. Le XV de France a pris cinquante points en Écosse et là-bas, notre bien-aimée sélection a pris l’eau de toutes parts. On pensait que nous avions une bonne défense ? On termine le match avec près de 30 % de plaquages manqués. On se croyait solides sous les ballons hauts ? Les ailiers écossais […] nous ont tout volé en haute altitude. Quant à la prestation de notre pack en conquête directe, je préfère tirer dessus un voile pudique… »
Il ne manque pas de critiquer la communication du sélectionneur Fabien Galthié, dont les explications au micro de TF1 l’ont laissé perplexe : « Naïvement, j’espérais que Fabien Galthié m’éclaire après la rencontre. […] Mais au micro de TF1, ses mots sont restés vagues. Le sélectionneur a brassé large, dit tout et son contraire. Au final, je n’y ai rien compris. »
Pour conclure, Richard Dourthe pointe un manque évident de préparation tactique : « Mon sentiment, malgré tout, est aujourd’hui assez simple : on se voyait déjà tous au Stade de France, dans une semaine, jouer le Grand Chelem contre l’Angleterre au fil d’un Crunch inoubliable. […] Ce quatrième round du Tournoi n’a donc pas été préparé comme il aurait dû l’être. Car comment expliquer qu’à Murrayfield, nous n’ayons jamais trouvé le moindre plan pour enrayer la démonstration écossaise pendant soixante-cinq minutes ? Comment expliquer que personne n’ait jamais mis les mains dans les rucks pour ralentir les libérations adverses ? »
Dourthe rappelle que, même sans être un stratège de renom, il était évident de concentrer les efforts dans l’axe pour contenir les Écossais : « Plutôt que de se jeter sur les extérieurs, il fallait donc s’engouffrer dans l’axe, recentrer les Scottishs […] Il suffisait d’ouvrir les yeux. »
Cette défaite frappe le XV de France au moment où ses ambitions étaient à leur plus haut niveau, soulevant de nombreuses interrogations sur son avenir dans la compétition et sa capacité à rebondir avant le Crunch décisif face à l’Angleterre.







