Un séisme secoue le rugby anglais
Ce samedi 7 mars 2026, au Stadio Olimpico de Rome, l’improbable s’est produit : l’Italie a battu l’Angleterre pour la première fois en 33 confrontations, s’imposant 23-18. Pour le XV de la Rose, déjà fragilisé par des défaites contre l’Écosse et l’Irlande, cette défaite face à la Nazionale plonge le rugby britannique dans une crise profonde, à seulement une semaine du choc décisif face à la France.
Le naufrage d’une puissance mondiale
Au début de la rencontre, tout semblait aller pour le mieux. Grâce aux essais de Tommy Freeman et Tom Roebuck, les Anglais menaient à la pause (12-10) et avaient creusé l’écart par le pied de Fin Smith (18-10). Mais la mécanique anglaise s’est brutalement enrayée. Physiquement dépassés et minés par une indiscipline chronique, les joueurs de Steve Borthwick ont encaissé un 13-0 fatal en fin de match, subissant surtout l’efficacité d’un Alessandro Garbisi chirurgical et la domination d’une mêlée italienne conquérante.
L’Angleterre n’est plus seulement en crise, elle est en sursis. Le spectre de la Cuillère de bois, symbolisant la dernière place du Tournoi des Six Nations, renaît à Londres et pourrait devenir une triste réalité si les Anglais venaient à chuter samedi prochain au Stade de France.
Borthwick fait front malgré la tempête
Malgré la débâcle et les doutes sur son avenir à la tête de la sélection en vue du Mondial 2027, le sélectionneur Steve Borthwick a affiché un calme impressionnant lors de la conférence de presse. Interrogé sur sa légitimité à poursuivre, il a répondu sans faiblir : « Absolument. Cette année particulière, le Tournoi des Six Nations avant la Coupe du monde, nous l’avons déjà vu avec l’équipe d’Angleterre, notamment en 2018, puis l’équipe était dans une très bonne position l’année suivante lors de la Coupe du monde. »
Reconnaissant les lacunes actuelles, il a néanmoins souligné des signes encourageants : « C’est dur de perdre. Nous sommes loin du niveau attendu, en résultats comme en performances ; et nous ne le cachons pas. J’ai dit que l’intensité lors du dernier match n’était pas à la hauteur. Cette fois, je pense que l’intensité était bien meilleure, pendant 60 minutes l’équipe a fait beaucoup de bonnes choses aujourd’hui. »
Enfin, il a insisté sur le travail en cours et l’importance de la jeunesse : « La progression de l’équipe au cours des douze derniers mois a été très, très solide. On voit la vision de là où l’équipe va, on voit la nature des joueurs qui émergent. C’est une période difficile et ce que nous allons faire, c’est en tirer les leçons et veiller à être une équipe plus forte à l’avenir. »
L’indiscipline : le boulet du XV de la Rose
Si la vision à long terme est encourageante, la réalité sur le terrain reste préoccupante. Avec sept cartons jaunes et un rouge en seulement quatre rencontres, l’Angleterre se sabote elle-même. Les exclusions temporaires de Sam Underhill (56e) et Maro Itoje (64e) ont notamment offert aux Italiens l’occasion de renverser le cours du match.
Quel visage à Paris ?
La route vers le Stade de France s’annonce ardue pour une équipe qui, il y a peu, enchaînait douze victoires consécutives. Pour éviter l’humiliation suprême d’une dernière place dans le Tournoi, les Anglais devront impérativement retrouver leur efficacité offensive et, surtout, ce sang-froid qui les fuit depuis le début de la compétition.
Face à des Bleus revanchards pour la clôture de ce Super Saturday, le XV de la Rose ne joue plus seulement un match : il joue son honneur.







