Six ans après le traumatisme de Murrayfield en 2020, le XV de France a de nouveau subi la loi de l’Écosse ce samedi dans une déroute spectaculaire. Menés 14-7 en début de match, les Bleus ont sombré, encaissant un incroyable 40-0 entre la 22e et la 66e minute, incapables de freiner une équipe écossaise en pleine maîtrise.
Le capitaine Antoine Dupont, visiblement affecté, a dressé un constat sans appel auprès de Midi Olympique : « Ce fut un enchaînement de faits. On a pris des pénalités, des cartons jaunes. Il était difficile de stopper l’hémorragie même si on a eu un regain d’énergie en fin de match. Globalement, on a mis du temps à mettre en place notre jeu. On n’a pas su trouver les solutions assez tôt. » Ce manque de réactivité, que le staff français avait déjà identifié sous le nom de « contagion négative », a plombé les espoirs tricolores.
Le sélectionneur Fabien Galthié a expliqué la glissade progressive des Français : « Si on reprend le fil du match, ça commence par la conquête, par la possession. Les Écossais ont dominé les collisions, créé des « momentums », récupéré des pénalités. Et, petit à petit, ils ont pris le score même si on était arrivé à mener, ce qui était assez incroyable. On se prépare à tout, tout peut arriver, et il nous est arrivé beaucoup de choses. »
Sur le terrain, la pression a conduit à des erreurs inhabituelles chez les cadres. Antoine Dupont a notamment reconnu sa faute : « Je fais deux fautes qui coûtent très cher », pointant sa responsabilité dans ce naufrage collectif, tout comme l’engagement illicite d’Emmanuel Meafou.
Mais c’est surtout l’entame de la seconde période qui a scellé le sort des Bleus, sans aucune réaction d’orgueil. François Cros s’en est voulu : « À bien y réfléchir, si je dois sortir un moment, c’est l’entame de deuxième mi-temps. On a les laissés dérouler et prendre le large. » Un sentiment partagé par Thomas Ramos, qui a regretté un manque de caractère : « Il aurait fallu plus de lien et d’excitation collective. On a été un peu apathique. Sur la première mi-temps, on met deux essais et, derrière, on ne fait plus rien. On a trop laissé le ballon à cette équipe. On a trop subi. (…) On perdait et on est revenu… Mais je n’ai pas senti de rébellion. »
Malgré les tentatives de recadrage, la lucidité a fait défaut pour freiner l’emballement écossais. Thomas Ramos conclut amèrement : « On disait : “On se calme, on fait attention à notre indiscipline, on remet la main sur le ballon et on repart chez eux.” Mais on n’a pas su le faire. On ne parvenait pas à arrêter leur momentum. » Pour une équipe riche techniquement et expérimentée, cette déroute rappelle, selon lui, que « rien n’est jamais acquis ».







