Si les quatre derniers essais tricolores ont maquillé le score final (50-40), ils n’effacent pas la profonde remise en question qui s’impose après ce match.
À Marcoussis, l’heure est à la digestion rapide. Samedi, l’Angleterre se présente au Stade de France avec un titre malgré tout en poche. Mais le XV de France, dit « Premium », a vacillé, révélant des failles inédites sur la route du Mondial 2027.
**1. Un revers historique sous l’ère Galthié ?**
Malgré un écart final de dix points, les Bleus ont frôlé l’humiliation en étant menés 47-14 à l’heure de jeu. Pour l’ancien troisième ligne Thomas Lièvremont, la pilule est difficile à avaler : « Ça fait mal parce qu’on pensait cette équipe à l’abri d’une défaite sur un tel score ». Avec 50 points encaissés, une première depuis 2020, les Français ont subi une déroute comparable à celles des plus grandes nations mondiales. François Cros parle lui même de « leurre » concernant le score final.
**2. Un mental et des choix stratégiques en cause**
L’état d’esprit lors du match interroge. François Cros reconnaît une faille psychologique évidente : « On a dû se planter dans l’approche de ce match (…) Peut-être qu’on s’est vu un peu beaux et qu’on a pensé à d’autres choses avant de penser à combattre… ». Thomas Lièvremont évoque une réelle « suffisance » palpable dès la première période.
Plus préoccupant encore, l’absence de rébellion face à la tempête écossaise — quatre essais en quinze minutes — a donné l’impression d’un renoncement. Thomas Ramos résume ce sentiment d’impuissance : « Ça ne sert à rien de se gueuler les uns sur les autres quand on prend des essais (…) on n’a pas su le faire… ».
Via *L’Équipe*, Jean-Baptiste Élissalde souligne également une faute tactique majeure : « Les Français ont préféré s’opposer aux Écossais plutôt que d’essayer d’imposer leurs forces ».
**3. Le cas Antoine Dupont : fallait-il le préserver ?**
Muselé et emprunté, le capitaine tricolore a livré une prestation inhabituelle, ponctuée d’erreurs coûteuses. Pourtant, le staff a attendu la 69e minute pour le sortir. Guy Accoceberry, consultant pour France Info, déplore cette décision : « Franchement, pour lui rendre service, ils auraient dû le sortir plus tôt. Ça aurait été une manière de le protéger un peu (…) Le match était déjà plié, de toute façon… ».
Ce maintien s’explique cependant par la quête d’un bonus offensif, point précieux que Dupont a lui-même contribué à aller chercher en inscrivant le troisième essai français.
**4. Une défense poreuse**
La meilleure défense du Tournoi a encaissé sept essais, un record d’imperméabilité battu sous l’ère Galthié. Si le taux de plaquages réussis (84 %) paraît honorable, il ne masque pas de graves erreurs de lecture et de placement.
Thomas Ramos a d’ailleurs révélé un changement de priorité avant le match : les Bleus ont « mis un peu moins l’accent sur la défense » lors de la préparation. Le résultat : panique collective et indiscipline face à la vitesse écossaise.
Cette « claque » doit être perçue comme un signal d’alarme majeur. Si elle ne reflète probablement pas la réelle valeur des Bleus, elle montre qu’en face d’une équipe capable de dicter son rythme, le système français peut totalement dérailler.







