La victoire historique de l’Italie face à l’Angleterre samedi dernier (23-18) dépasse le simple cadre sportif. Elle confirme une montée en puissance que Rassie Erasmus, sélectionneur sud-africain, avait pressentie avec audace dès novembre dernier.
« Un outsider selon moi ? Tout le monde va peut-être en rire, mais je pense à l’Italie », avait-il déclaré, surprenant alors le monde du rugby.
Le manager réputé pour sa franchise avait poursuivi en soulignant que cette équipe italienne « est sur une vraie dynamique ascendante et très sous-estimée. Si je devais faire un pronostic, je dirais qu’elle terminera deuxième ou troisième du Tournoi des VI Nations ».
Cette confiance inattendue avait profondément touché Gonzalo Quesada, le sélectionneur italien, qui confiait récemment à L’Équipe : « J’étais très touché. En novembre, après notre match, Rassie a encore été très sympa avec nous. Ça fait vraiment plaisir bien sûr. C’est la plus grande référence du rugby mondial et il n’était pas obligé de le faire. »
Les performances actuelles donnent raison à Erasmus. Après une victoire inaugurale contre l’Écosse (18-15) et une défaite honorable en Irlande (20-13), l’Italie a su rebondir après son revers face à la France pour réaliser un exploit inédit : battre l’Angleterre pour la première fois en 33 confrontations officielles. Le succès a été scellé par un essai décisif de Leonardo Marin, concluant un mouvement initié par Tommaso Menoncello.
Pour Gonzalo Quesada, ce triomphe récompense la progression constante de son groupe, malgré un style de jeu parfois décrié : « Ce ne sont pas des beaux matchs à voir mais nous méritons totalement cette victoire. Face à une équipe d’Angleterre incroyable, c’est un grand pas pour notre croissance. Nous devons garder les pieds sur terre et continuer à avancer, mais c’est un grand jour pour le rugby italien. »
L’objectif pour les Azzurri est désormais clair : décrocher un podium inédit depuis 2000 en s’imposant à Cardiff contre le Pays de Galles. Avec l’espoir aussi de compter sur une déconvenue de l’Irlande face à l’Écosse, l’Italie vise une troisième place finale dans ce Tournoi des VI Nations.
Cette perspective ne ferait que confirmer la clairvoyance de Rassie Erasmus et promet un avenir radieux au rugby italien.







