À 67 ans, Serge Blanco, icône du rugby français avec 93 sélections en équipe nationale, fait son entrée en politique locale en annonçant sa candidature aux élections municipales de Biarritz, prévues les 15 et 22 mars. L’ancien arrière, fidèle à son club de toujours, le Biarritz Olympique, délaisse son rôle d’ex-président du club pour se lancer dans une bataille politique motivée par la préservation de l’identité de sa ville face à la gestion actuelle de la maire sortante, Maider Arosteguy.
### La défense de la plaine d’Aguilera au cœur du combat
Ce qui a poussé Serge Blanco à se porter candidat, c’est le projet controversé d’aménagement du quartier d’Aguilera. L’ex-rugbyman s’oppose avec force à la construction de logements sur cette zone qu’il considère comme un « sanctuaire sportif ». Dans un entretien accordé à *L’Équipe*, il dénonce : « D’un seul coup de crayon, la maire, Maider Arosteguy (LR), a voulu rayer de la carte un terrain de sport. C’est inadmissible. Biarritz est une ville dense mais si on commence à sacrifier certaines zones, on est fichus. » Face au plan initial prévoyant 350 logements, Blanco a choisi d’agir politiquement plutôt que de se contenter de protester.
### Une candidature « apolitique » au service des Biarrots
Se présentant comme un « enfant de la ville », Serge Blanco rejette toute étiquette partisane. Sa priorité : redonner la ville à ses habitants et revitaliser ses quartiers. Il affirme sans détour : « Je suis apolitique. Je suis pour Biarritz, je vis pour Biarritz et je mourrai à Biarritz. » Son équipe rassemble des profils variés, excluant uniquement les extrêmes. Malgré une certaine nervosité lors de son premier meeting – une sensation qu’il compare à ses débuts en équipe de France en 1980 – il aborde cette nouvelle mission avec calme et détermination.
Il explique ainsi son engagement : « Je me suis officiellement lancé en décembre mais je travaille sur le sujet depuis plus d’un an et demi. Avant, j’étais dans la vie active, beaucoup de choses m’accaparaient. Désormais, je suis à la retraite. J’ai eu beaucoup de temps pour réfléchir, analyser et discuter. Si je ne suis pas élu, ça ne changera pas ma vie. J’espère surtout que ma candidature permettra que la ville soit gérée complètement différemment. Il y a un boulot terrible à faire. »
### Un duel politique tendu avec la maire sortante
La campagne est marquée par des échanges vifs entre Blanco et Maider Arosteguy. Critiqué en décembre sur son bilan de gestionnaire, l’ancien numéro 15 a riposté en valorisant ses succès d’entrepreneur, notamment dans la thalassothérapie, ainsi que son rôle majeur dans l’âge d’or du rugby biarrot. Il accuse la maire d’avoir « trompé tout le monde » concernant le dossier du stade et d’avoir « détruit le rugby à Biarritz ».
Dans une mise en garde sans concession, il déclare : « Je sais que je rentre dans un monde de requins. On ne peut pas maîtriser la jalousie dans la vie. J’ai construit une thalasso, créé 400 emplois, participé au développement économique d’Hendaye et à celui du rugby à Biarritz, devenue l’équipe la plus forte de France durant un certain nombre d’années. Comment voulez-vous que je sois blessé par quelqu’un n’a jamais rien fait de sa vie ? Elle est une pièce rapportée qui ne mérite plus d’être ici. Surtout, moi, je n’invente pas la vérité. Elle a détruit le rugby à Biarritz. »
### L’avenir du Biarritz Olympique en suspens
Interrogé sur l’avenir du Biarritz Olympique, évoluant en Pro D2, et sur la position de son actionnaire majoritaire, le milliardaire Pierre-Édouard Stérin, Serge Blanco se montre prudent : « Je ne porte aucun jugement car je ne le connais pas. […] Si je suis élu, je présume qu’il me dira très exactement quel est son projet. »
Ainsi, l’ancien champion prépare un nouveau défi, celui de conduire Biarritz vers un avenir différent, loin des clivages traditionnels, au bénéfice de ses habitants et de son identité sportive.







