Pierre-Louis Barassi, trois-quarts centre international français, est pressenti pour débuter samedi soir contre l’Angleterre au Stade de France. Après la lourde défaite concédée face à l’Écosse (50-40) la semaine dernière, il revient sur cette rencontre délicate et se projette déjà vers le prochain défi.
« On a eu besoin de digérer cette prestation contre l’Écosse. On a mis un jour pour ça, mais dans ce Tournoi, on n’a pas le temps de douter trop longtemps, il faut vite passer à la suite. On a donc rapidement travaillé sur cette équipe d’Angleterre. À Édimbourg, il nous a manqué de tout. Et à ce niveau-là, dès qu’il manque ne serait-ce que 5 ou 10 % de précision dans certains secteurs, on ne peut pas rivaliser face à des équipes du niveau de l’Écosse », explique Barassi dans un entretien accordé à L’Équipe.
Pour le joueur français, remporter le Tournoi sans réussir le Grand Chelem ne saurait avoir la même saveur, mais l’urgence est ailleurs. « Ça n’aura pas la même saveur de gagner le Tournoi sans Grand Chelem, mais une fois qu’on a dit ça, qu’est-ce qu’on fait ? On ne peut pas revenir en arrière. Aujourd’hui, la seule façon d’effacer cette désillusion serait de battre les Anglais pour finir. Une victoire dans le Tournoi, ce n’est pas neutre. Ça fait vingt ans que l’équipe de France n’a pas réussi à gagner le Tournoi deux fois de suite. »
Malgré la défaite à Édimbourg, Barassi reste concentré : « OK, on a perdu en Écosse, mais la vie continue, on doit avancer. Il nous reste un match à jouer et il faut le gagner. Cette semaine, c’est sûr qu’on a préparé le prochain match avec un peu moins de sérénité puisqu’on a perdu le week-end dernier. Mais c’est notre vie de sportif. Parfois on gagne, parfois on perd. Dans le Tournoi des Six Nations, il y a toujours des surprises. »
En regardant vers le XV de la Rose, il se veut lucide sur la menace anglaise, malgré leurs difficultés récentes. « Les Anglais restent sur trois défaites d’affilée, mais ils vont essayer de bien terminer la compétition en nous empêchant de gagner le Six Nations. C’est une équipe qui utilise beaucoup le jeu au pied. On a été mis en difficulté en Écosse dans ce secteur, on se doit donc de redresser la barre parce qu’on sait qu’on sera challengés là-dessus. »
Enfin, interrogé sur son association probable avec Yoram Moefana au centre de l’attaque française, Barassi affiche une grande confiance : « Avec Yoram Moefana, on a disputé ensemble le Tournoi des Six Nations de la saison dernière au centre. On a des automatismes. Je pense qu’il n’y aura donc pas de souci si on évolue ensemble samedi. Perso, je me sens beaucoup mieux. »
Le joueur évoque notamment sa récente reprise après une commotion cérébrale : « J’ai été arrêté plus de deux mois après une commotion subie avec les Bleus lors des tests de l’automne. On a tous travaillé main dans la main pour que je puisse revenir. J’ai pris du temps pour me préparer à reprendre la compétition, j’ai fait deux matches avec Toulouse avant de revenir en équipe de France, donc j’ai eu le temps de retrouver le rythme. Le fait de reprendre sur le banc avec les Bleus m’a aussi permis d’y aller progressivement. C’est clair que ce sont des moments pas faciles à vivre à l’instant T, mais j’ai été bien suivi. L’équipe médicale autour de moi m’a dit que c’était réversible, qu’il n’y aurait pas de séquelles. Aujourd’hui, je me sens en forme, je n’ai plus aucune appréhension. »
Samedi s’annonce donc décisif pour le centre tricolore, déterminé à tourner la page du revers écossais et à offrir à la France un sacre qui, bien qu’imparfait, aurait une valeur historique.







