L’engagement politique de David Gérard au sein du Rassemblement National (RN) à Toulon bouscule les frontières traditionnelles entre sport de haut niveau et extrême droite. Ancien deuxième ligne du Stade Toulousain et du XV de France, il rejoint la liste de Laure Lavalette pour les élections municipales de 2026, un choix rare et symbolique dans un milieu qui préfère généralement la discrétion sur ces sujets.
Désormais candidat à un poste d’adjoint aux Sports sur la liste « Un avenir pour Toulon », David Gérard adopte une posture pragmatique, refusant toute étiquette politique extrême. Dans un entretien accordé à L’Équipe, il affirme : « Je sais qui je suis. Je ne suis ni facho ni raciste, je ne suis pas encarté, je suis d’abord un homme de terrain qui est là pour faire avancer les choses. Depuis que je me suis lancé, pas une fois je ne suis tombé de ma chaise en me disant : là, mes colistiers ou mes soutiens disent n’importe quoi. » Pour lui, l’engagement politique s’apparente à la dynamique d’une équipe de rugby : « C’est comme dans une équipe de rugby, à chacun ses idées mais on se respecte et on avance ensemble. »
Le cas de David Gérard illustre une possible évolution dans la relation entre le monde sportif et le RN, jusque-là marqué par une certaine distance. Si peu d’athlètes professionnels ont franchi le pas, on compte néanmoins des exceptions, comme le pilote Pierre Lartigue ou le soutien ouvert de Guy Drut à l’Union des droites. Le RN multiplie les efforts pour normaliser sa présence dans le sport. Aleksandar Nikolic, député européen et référent sport du parti, explique entretenir des échanges croissants avec des dirigeants de clubs, même si beaucoup préfèrent encore rester dans l’ombre.
Cette stratégie s’appuie aussi sur des figures comme le karatéka Christophe Pinna, mis en avant par Jordan Bardella dans son dernier ouvrage. L’athlète, toutefois, refuse tout « amalgame partisan ».
À Toulon, comme à Nice où Éric Ciotti bénéficie du soutien de Jean-Pierre Rivère, le RN mise sur des profils issus de la « société civile » pour renforcer sa légitimité locale. Laure Lavalette qualifie sa liste de « hétéroclite et joyeuse », misant sur l’intégration de personnalités reconnues et respectées, loin des habituels réseaux politiques, dans une volonté d’apaiser les craintes des électeurs et de rendre le projet accessible.







