À la veille d’un Crunch décisif au Stade de France, l’ambiance au sein du XV de France est paradoxale. Si les Bleus ont l’opportunité de remporter le Tournoi des Six Nations ce samedi face à l’Angleterre, la lourde défaite concédée en Écosse (50-40) le 7 mars dernier a révélé des failles profondes.
### Un automne marqué par la contestation
La débâcle d’Édimbourg semble puiser ses racines dans un automne 2025 agité. Selon des proches du groupe, « il y a un peu de friture sur la ligne, comme dans beaucoup d’équipes. » Cette source ajoute : « L’équilibre est difficile à trouver entre un sélectionneur, qui ne fait pas ce qu’il veut, et des leaders qui n’ont pas forcément la même vision des choses. »
Plusieurs cadres, dont Thomas Ramos, Damian Penaud et Grégory Alldritt, ont fait part de leurs doutes lors des débriefings de novembre. « Fabien a compris que le sentiment était partagé par beaucoup de joueurs dans le groupe », confie un proche au journal Le Parisien, précisant que depuis l’élimination en quart de finale de la Coupe du monde le 15 octobre 2023, le sélectionneur est « un peu fragilisé ». Cette période a conduit Fabien Galthié à devenir « moins directif » et à « faire très attention à ce que disent les leaders ».
### Des choix forts et une méthode qui interroge
Pour ce Tournoi 2026, Fabien Galthié a introduit un nouveau système de jeu, source de risques et d’un agacement palpable. Interrogé sur la cohésion du groupe, le sélectionneur tient à rassurer : « Avec le staff, nous gardons notre ligne de conduite. » Il décrit les relations avec ses joueurs comme « très constructives, engagées, passionnées, ouvertes », affirmant que l’équipe de France est avant tout « une joie, un plaisir partagé et une responsabilité fantastique ».
Cette volonté de protection se manifeste toutefois par une fermeture croissante des séances d’entraînement. « Les images, ça voyage et puis il y a des fois où l’on a besoin de se protéger », justifiait-il avant la déroute à Murrayfield.
### L’ombre et la lumière au Stade de France
Malgré ces tensions internes, le XV de France reste en position de force pour s’imposer face à une équipe anglaise en difficulté. Le sélectionneur refuse de s’attarder sur le revers écossais : « Le passé, c’est le passé, on ne s’attarde pas sur cette défaite, on a basculé sur le match contre l’Angleterre, nous nous sommes donné le droit de jouer pour la gagne. »
Une victoire samedi permettrait de masquer les inquiétudes, même si le malaise interne n’est pas totalement résorbé. « Ce n’est pas confortable pour un sélectionneur qui se sait attendu », souffle-t-on dans l’entourage des Bleus. Au bout du compte, le terrain livrera son verdict, pour ce qui pourrait être le point d’orgue ou le point de rupture de ce mandat.







