Au sortir d’un Crunch devenu légendaire (48-46), Louis Bielle-Biarrey est apparu en zone mixte avec la simplicité qui le caractérise. À seulement 22 ans, l’ailier de l’Union Bordeaux-Bègles ne se contente pas de briller, il réécrit l’histoire du rugby français.
Auteur d’un quadruplé historique — une performance inédite pour un Bleu depuis 1937 — il a porté les siens vers un second sacre consécutif dans le Tournoi des Six Nations.
### Une soirée gravée dans le marbre
Face au XV de la Rose, le Bordelais a choisi son moment pour entrer dans la légende. Avec ce quadruplé, il porte son total à neuf essais sur cette seule édition du Tournoi, effaçant ainsi son propre record établi l’an passé.
Une prouesse que l’intéressé commente avec un calme déconcertant via *Le Parisien* :
« Je n’avais jamais mis un quadruplé de ma vie. Ça arrive au bon moment, on va dire. »
### L’éloge de ses pairs et du sélectionneur
Pour ses coéquipiers comme pour le staff, le constat est sans appel : « LBB » est devenu un joueur hors norme.
Théo Attissogbe, son homologue à l’aile, est dithyrambique :
« C’est fou, souffle Théo Attissogbe, l’autre ailier des Bleus. Force est de constater que sur le terrain, il règle tout le monde. C’est, je pense, le meilleur ailier du monde. »
De son côté, Fabien Galthié le qualifie sobrement d’« arme fatale ».
### Le regard tourné vers le collectif
Malgré l’avalanche de statistiques — 29 essais en 27 sélections — et les records qui s’accumulent, Bielle-Biarrey refuse de se focaliser sur ses exploits personnels.
Pour lui, la marque de 30 essais, ou même la quête du record absolu de Damian Penaud (40 unités), ne sont que des détails :
« Je trouve que les essais, c’est assez anecdotique. On est des ailiers, on est là pour marquer aussi, insiste Louis Bielle-Biarrey. Marquer à chaque fois, c’est vraiment aider l’équipe, concrétiser des temps forts ou transformer des temps faibles en temps forts. C’est vraiment ça qui est plaisant. »
Pourtant, son partenaire de club, Damian Penaud, ne s’y trompe pas :
« Il le battra largement. S’il continue comme ça, il va marquer 70 essais, pressentait Penaud en début de saison dans un entretien à L’Équipe. Je serai très content pour lui, même s’il s’en fout aussi des records ! »
Désormais, tout laisse à penser que le Bordelais, homme du match et grand favori pour le titre de meilleur joueur du Tournoi, n’est qu’au début d’une aventure qui pourrait le mener au sommet du rugby mondial.







