Le sélectionneur du XV de France, Fabien Galthié, revient avec enthousiasme sur la victoire finale de son équipe dans le Tournoi des Six Nations, dans les colonnes de Midi Olympique.
« C’est vrai, il ne faut pas oublier que nous gagnons la compétition pour la deuxième année de suite. Certains joueurs de l’an dernier ne sont plus là. C’est une équipe qui a bougé, qui a évolué. Tout comme la compétition. On a très bien démarré avec trois victoires sur les trois premières rencontres et ensuite, chaque scénario a été complexe. Il a fallu se battre à chaque match pour ramener un point dans la mesure du possible, soit pour le classement, soit pour marquer cette pénalité de la gagne. »
Le sélectionneur souligne l’intensité et la densité sportive du tournoi : « On s’est rendu compte que dans ce Tournoi, chaque semaine, les histoires ont changé. On l’a encore vu aujourd’hui. Vous avez vu les résultats ? C’est donc un Tournoi qui a une énorme valeur sportive, une énorme valeur en termes de compétitivité. C’est monstrueux. »
Fabien Galthié ne cache pas sa fierté d’enchaîner un deuxième titre consécutif, tout en nuançant la performance de son équipe lors des dernières rencontres. « Et je ne vais pas bouder mon plaisir pour répéter “victoire finale”, deux saisons consécutives. Après, sur l’analyse, on se rend compte sur ces deux derniers matchs que ça n’a pas été facile pour nous. On a commencé le Tournoi peut-être de manière la plus idéale. Et peut-être qu’inconsciemment, on a cru que ce serait plus simple. On a vite été rappelés à l’ordre. Quand vous regardez la journée d’aujourd’hui (samedi), vous avez vu que les équipes qui ont triomphé le week-end dernier ont énormément souffert ce week-end. Et inversement. Sur ces deux derniers matchs, on a ramené six points au classement. Ça aussi, c’est important. »
Selon lui, la maîtrise des points bonus défensifs et offensifs s’avère décisive dans cette compétition exigeante : « Avec ce jeu des bonus, on a appris depuis 2020. On sait, qu’ils soient défensifs ou offensifs, qu’ils vont compter. Et donc, dans la difficulté, l’équipe a su être juste. On a ramené le bonus défensif de Murrayfield. Et aujourd’hui, il y a eu des décisions incroyablement justes. Avant la mi-temps, ce choix de prendre la pénaltouche nous permet de marquer un essai (de pénalité). Et au moment où on avait le momentum, on prend cette interception (de Chessum) qui relance le match, alors qu’on avait pris le dessus. »
Galthié met également en avant la résilience et la capacité d’adaptation de ses joueurs : « Ce qui est incroyable dans cette rencontre, c’est qu’il y a énormément de faits de jeu. Être capable de regagner ce ballon en tapant court (sur le dernier renvoi), être capable de faire du jeu devant la défense anglaise à 14, et aller chercher la pénalité de la gagne pour triompher, je dirais que c’est le fruit de l’apprentissage de ces sept saisons. »
Il salue particulièrement la performance exceptionnelle de Louis Bielle-Biarrey, qu’il décrit comme « l’Arme fatale » : « Il est incroyablement prolixe. Les qualificatifs sont difficiles à trouver pour parler de Louis. Il va sûrement être élu meilleur joueur du Tournoi. C’était déjà le cas l’année dernière. Il marche sur les traces d’Antoine (Dupont). C’est bien, les joueurs s’inspirent entre eux. »
Enfin, le coach du XV de France se projette déjà vers l’avenir et appelle au respect envers les adversaires : « Je sais que vous les voyez, que vous les analysez. C’est certain et je suis d’accord avec vous. Il nous reste encore un Tournoi. On va essayer d’être meilleurs l’an prochain. Mais cette compétition est tellement spéciale. Demandez donc aux autres nations. Parfois, quand vous annoncez après le premier match, voire même avant de commencer la compétition, que nous allons faire le Grand Chelem, je me demande si ce n’est pas un manque de respect vis-à-vis de nos adversaires. Je ne parle pas de nos supporters mais de vous (les médias) qui suivez de près ce que l’on fait. »
« Quand vous voyez la qualité des joueurs qui se présentent en face de nous, quand vous voyez la qualité des équipes qui se présentent en face de nous, qui n’ont pas grand-chose à nous envier, chaque match est une bataille, tactique et stratégique, incroyablement difficile. On est certes ambitieux mais on ne peut pas annoncer un Grand Chelem avant même le début de la compétition. C’est, pour moi, un manque soit de connaissance, soit de respect de l’environnement dans lequel on évolue. »
Il tient également à rendre hommage à l’équipe d’Angleterre, adversaire redoutable et déterminé jusqu’au bout : « D’ailleurs, je voudrais rendre hommage à l’équipe d’Angleterre qui a joué sur un rythme incroyablement intense. Et pourtant, ils n’avaient rien à gagner à part battre la France à Paris. »







