Au lendemain du sacre des Bleus dans le Tournoi des Six Nations 2026, l’ancien sélectionneur du XV de France, Philippe Saint-André, a livré son analyse sur RMC. Pour « PSA », ce succès historique face à l’Angleterre (48-46) dépasse la simple victoire : il marque un tournant majeur dans l’histoire du rugby français.
**Un match au scénario mythique**
Samedi soir au Stade de France, tous les ingrédients d’une rencontre légendaire étaient réunis selon Philippe Saint-André. Interrogé dans l’émission *Les Grandes Gueules du Sport*, il explique : « Est-ce que c’est un match qui va rester dans la légende ? Pour moi oui, il rentre dans la légende par le résultat d’abord, et puis parce qu’on gagne deux Tournois des 6 Nations d’affilée, par la qualité du match, par le scénario, par aussi historiquement combien de fois on a perdu contre les Anglais dans les dernières minutes avec des décisions parfois complexes, et puis cette pénalité de Ramos… »
Malgré la ferveur autour de ce triomphe, l’ancien entraîneur conserve un souvenir particulier d’autres moments forts : « Le match d’ouverture de Coupe du monde contre les All Blacks c’était quand même très sympa, mais gagner les Anglais, ça fait toujours du bien. »
**Thomas Ramos : la marque des « très grands »**
La réussite exceptionnelle de Thomas Ramos à la dernière seconde du match a particulièrement impressionné Saint-André. Selon lui, cette pénalité décisive illustre la différence entre un simple bon buteur et un grand joueur : « On voit là la différence entre un bon buteur et un très grand buteur. Le bon buteur, cette pénalité il ne peut pas la prendre. Mais le très grand buteur, lui il kiffe, il attend ça. J’ai vécu cela avec Jonny Wilkinson. Le moment crucial, ça les sublime. Vous vous rendez compte de l’importance de ce moment ? Et lui il a le sourire… Ses coéquipiers étaient sûrs qu’il allait la passer. Il y avait deux pénalités : une à droite et une à gauche. Ils ont demandé à prendre celle qui était la plus facile pour Ramos, à la 83ème minute du match. »
**Un chantier défensif à préparer**
Si la joie de remporter un doublé européen est immense, Philippe Saint-André garde la tête froide. Il met en garde contre les failles défensives apparues en fin de tournoi et souligne les marges de progression avant la Coupe du monde : « Il faut être content de cette victoire dans le Tournoi. Mais oui, défensivement, on était en place sur les trois premiers matchs, et sur les deux derniers on prend 14 essais. Il y a beaucoup de plaquages loupés et surtout des plaquages relâchés. (…) L’équipe de France va analyser cela, tout comme la mêlée où on a été en difficulté. »
Un constat lucide qui n’enlève rien à la satisfaction de voir le XV de France confirmer son statut de nation dominante sur la scène européenne.







