Invité du *Super Moscato Show* sur RMC ce lundi, Pierre-Louis Barassi, centre du XV de France et du Stade Toulousain, est revenu avec lucidité sur le scénario fou qui a conduit les Bleus au sacre dans le Tournoi des Six Nations.
Entre soulagement, fierté et analyse du tournant décisif face à l’Angleterre (48-46), l’international tricolore n’a rien caché.
### L’instant de bascule : « Je me suis dit : et merde »
Selon Barassi, le match a basculé dans une zone d’incertitude totale dans les derniers instants. Alors que les Bleus semblaient au bord du gouffre après l’essai de Freeman à la 77e minute, le centre se souvient de son état d’esprit lors d’une action confuse :
« Là quand on reperd le ballon et que je plaque Pollock… en plus je ne vois rien parce que je prends un coup à l’œil et je ne vois même pas qu’il fait tomber le ballon. Quand ils avaient regagné le ballon je me suis dit : « et merde ». Mais après, on a eu cette chance. »
Cette action fut fatale au troisième ligne anglais Henry Pollock, coupable d’un excès d’optimisme en tentant une passe risquée, offrant aux Français la balle de match pour que Thomas Ramos déclenche la pénalité de la victoire.
### Le portrait sans concession d’Henry Pollock
À propos de Pollock, le joueur anglais à l’origine de cette erreur, Barassi dresse un portrait honnête, mêlant admiration et lucidité :
« C’est vrai qu’il y a deux mecs à côté de lui mais il a des cannes. Peut-être qu’il avait un peu trop confiance en ses cannes. Mais c’est un très bon joueur, il est costaud, il va vite alors qu’il fait un peu plus de 100 kg. Il est capable du meilleur et du pire. »
### Entre fierté et devoir de progression
Si la joie l’emporte logiquement après ce nouveau titre, Barassi affiche une grande maturité quant au niveau de jeu du groupe tricolore, surtout sur la fin de compétition :
« Le sentiment qui domine c’est la fierté, on est contents. Je pense qu’on ne se rend pas compte à quel point le Tournoi est difficile parce que les équipes jouent très bien. Les matchs sont durs. Mais on est conscients que l’on ne s’est pas facilité la tâche et qu’on n’a pas été très, très bons sur la fin du Tournoi. Là tout de suite je suis heureux, on est tous très heureux mais on est conscients du travail qu’il nous reste à fournir pour être l’équipe qu’on peut devenir. »
Touché à l’œil lors de son plaquage salvateur, Barassi devrait observer une période de repos, ce qui l’empêchera de participer au choc de Top 14 contre l’UBB. Une pause qui lui permettra de savourer ce titre avant de replonger dans les exigences du club et, prochainement, dans la préparation du Championnat des Nations.






