Le contraste est saisissant. Le 7 février dernier, après une écrasante victoire face au pays de Galles (48-7), l’Angleterre semblait promise à un printemps triomphal. Six semaines plus tard, le tableau est à l’opposé : avec quatre défaites consécutives et une cinquième place finale, le XV de la Rose vient de vivre le pire Tournoi des Six Nations de son histoire.
### Steve Borthwick : dernier sursis ou fin de parcours ?
Malgré la lourde défaite au Stade de France (48-46), le jeu offensif ambitieux affiché par l’Angleterre a surpris. Mais suffira-t-il à sauver Steve Borthwick, en poste depuis près de quatre ans ? La Fédération lui a certes renouvelé sa confiance après le fiasco à Rome (23-18), mais un bilan global sera dressé après la tournée estivale.
En Angleterre, les critiques ne cessent de s’amplifier. Certains, à l’image de l’ancien international Stuart Barnes dans le *Times*, jugent que « c’était facile de jouer ainsi, samedi au Stade de France, de prendre ce genre de risques, d’évoluer à l’écossaise, car les Anglais savaient le tournoi terminé et pouvaient s’offrir le luxe d’évoluer sans pression. »
Les noms de Michael Cheika, Andy Farrell, Ronan O’Gara ou Mark McCall circulent déjà comme possibles successeurs, alors que l’équipe paraît tiraillée entre un plan de jeu « so boring » reposant sur les chandelles et une volonté offensive récemment retrouvée.
### Une reconstruction centrée sur la jeunesse
Si les résultats sont alarmants, des raisons d’espérer émergent surtout à la charnière. Fin Smith, l’ouvreur de Northampton, semble avoir pris le dessus sur un George Ford en difficulté. Malgré ses six points manqués au pied contre la France, son dynamisme séduit : « Le demi d’ouverture de Northampton n’a pas peur d’attaquer la ligne, de se déplacer avec le ballon, de prendre des risques. »
Son entente avec ses partenaires de club Alex Mitchell et Tommy Freeman ouvre la voie à un rugby plus ambitieux, moins minimaliste. Le staff compte également sur le retour imminent d’Immanuel Feyi-Waboso et George Martin pour renforcer un groupe encore trop fragile.
### Le défi sud-africain approche
Le calendrier ne fera aucun cadeau aux Anglais. Dès le 4 juillet, ils affronteront les champions du monde sud-africains de Rassie Erasmus pour l’ouverture du Championnat des Nations. Ce sera un test décisif pour Borthwick et ses joueurs.
Le sélectionneur parviendra-t-il à imposer durablement la nouvelle philosophie offensive entrevue à Paris, ou retomberont-ils dans leurs travers habituels ? Le verdict rendu en Afrique du Sud sera crucial pour l’avenir du rugby anglais, à un an de la Coupe du monde.







