Le choc électrique entre la France et l’Angleterre samedi dernier (48-46) a révélé une nouvelle figure du rugby, incontestablement destinée à marquer les esprits : Henry Pollock, le troisième ligne anglais de Northampton âgé de seulement 20 ans.
Entré en jeu à la 55e minute, Pollock a rapidement imposé son style, mêlant puissance brute et provocations assumées. Fidèle à sa réputation d’agitateur, il a multiplié les accrochages avec des joueurs tricolores comme Mickaël Guillard et Thomas Ramos, semant le trouble sur le terrain.
Son moment fort est survenu à la 77e minute, juste après l’essai de Tommy Freeman qui redonnait l’avantage aux Anglais. Sans hésiter, Pollock s’est tourné vers le public du Stade de France pour le provoquer, posant son index sur la bouche avant de plaquer sa main derrière son oreille droite, défiant ainsi les supporters français.
Cette audace n’a toutefois pas payé : son excès de confiance l’a conduit à une passe risquée, mal exécutée, qui a offert aux Bleus une opportunité en or, concrétisée par la pénalité de la victoire.
Malgré son rôle de « meilleur ennemi » du public français, Pollock a su gagner le respect, y compris celui de ses adversaires. Matthieu Jalibert, dans les colonnes de L’Équipe, brosse un portrait nuancé du joueur anglais : « Quand tu es face à lui, il est insupportable » confie-t-il, avant d’ajouter : « Mais je trouve aussi que ce genre de personnage manque au rugby. Il est dans son truc, il est performant, il chambre un peu et il n’y a jamais rien de trop méchant. Je ne pense pas que ça soit un manque de respect, c’est plus qu’il s’amuse. C’est une bonne tête d’Anglais comme on aime les détester, je pense qu’il va nous faire chier pendant quelques années! (rires). On voit qu’il prend du plaisir sur le terrain, c’est rafraîchissant et plutôt bon pour notre sport, qui est parfois enfermé dans certaines cases. »
Cette ambivalence entre irritation et spectacle fait d’Henry Pollock une figure déjà incontournable du rugby européen. S’il a terminé la rencontre en étant la cible des moqueries sur les réseaux sociaux à cause de la défaite anglaise, son talent et son audace laissent présager de nombreuses confrontations tendues à venir.







