Si la victoire du XV de France face à l’Angleterre a fait la une, le visage marqué de Charles Ollivon au coup de sifflet final témoignait d’une réalité bien plus dure. Sur la pelouse du Stade de France, la troisième ligne tricolore a vécu une soirée éprouvante, mise à rude épreuve par la puissance physique et la rudesse des Anglais.
### Un défi physique qui a mis à mal les cadres
Habituellement maître de ses adversaires, le pack français a cette fois-ci buté contre un mur anglais d’une densité impressionnante. Pour l’ancien international Thomas Lièvremont, le constat est sans équivoque : « Nous avons été pris dans le défi physique. La troisième ligne a eu beaucoup d’activité. On a beaucoup plaqué mais beaucoup subi aussi. » Résultat : Charles Ollivon et François Cros, focalisés sur les tâches défensives, n’ont jamais trouvé l’espace pour s’épanouir balle en main.
### Le baptême du feu compliqué de Temo Matiu
Lancé à 22 ans dans le grand bain pour sa première sélection, le Bordelais Temo Matiu a découvert l’exigence du très haut niveau. Malgré une abnégation remarquable—12 plaquages en 40 minutes—il a parfois semblé dépassé par l’intensité anglaise. Le staff français a d’ailleurs réagi à la pause en faisant entrer Mickaël Guillard. Si l’ancien lyonnais a insufflé un nouveau souffle, le trio de la troisième ligne a longtemps manqué de complémentarité.
### L’absence lourde d’Anthony Jelonch
L’ombre de forfait d’Anthony Jelonch, victime d’une blessure aux ischio-jambiers à la dernière minute, a pesé lourd dans la bataille. « Nous avons parfois manqué de densité. Sur le terrain, il y avait deux joueurs de troisième ligne de rupture (avec Ollivon et Matiu) et c’est vrai qu’il manquait peut-être l’activité sur la ligne d’un Jelonch ou d’un Boudehent pour compenser. C’est une question d’équilibre mais on s’en aperçoit souvent après coup », analyse Lièvremont.
### Un calvaire dans les rucks
Sous l’impulsion de Maro Itoje et Guy Pepper, les Anglais ont dominé les zones de ruck, provoquant quatre pertes de balle françaises, dont trois dans la zone rouge. « L’équipe de France a été très pénalisée dans les rucks et les Anglais en ont profité pour jouer vite et nous mettre sur le reculoir. La troisième ligne a bien évidemment son rôle à jouer pour gérer ça et ce n’était pas simple. » Malgré un engagement héroïque, ce secteur reste le point noir majeur de la prestation tricolore, prouvant que sans ses « poutres » habituelles, l’édifice bleu montre ses failles.







