
Attendu au tournant en l’absence de Romain Ntamack pour ce Tournoi 2026, Matthieu Jalibert, ouvreur de l’Union Bordeaux-Bègles, a parfaitement relevé le défi. Plus qu’une simple doublure, il s’est imposé comme le véritable chef d’orchestre d’un XV de France sacré pour la deuxième année consécutive, affichant une maturité nouvelle.
### Le patron a pris ses responsabilités
Avec franchise et fierté, le numéro 10 tricolore exprime sa satisfaction :
« Je voulais sortir la tête haute et je pense qu’on a vu le vrai Matthieu sur le terrain. En cela, je suis très content. Après, il y a des choses qui n’ont pas forcément marché, mais ça fait partie de mon jeu. Cela fait partie du rugby. Le principal, c’est qu’on est capable d’aller chercher un trophée et ça c’est positif. »
Titulaire lors de quatre des cinq rencontres – forfait contre l’Italie –, Jalibert a savouré ce succès avec une intensité bien différente de l’an passé, où il n’avait disputé qu’un seul match :
« Effectivement, l’année dernière, je n’avais joué qu’un match donc même si on compte parmi les gagnants, on est moins présent dans le truc. Je suis donc très content, c’est beaucoup de fierté, de bonheur, de pouvoir représenter le pays et de gagner un trophée. »
### Une « charnière à trois têtes » efficace
L’une des clés de cette réussite française réside dans la complicité tactique entre Jalibert et Thomas Ramos, qui ont alterné au poste d’ouvreur pour déstabiliser les défenses adverses.
À ce propos, le Bordelais livre une anecdote révélatrice sur la pénalité décisive de Ramos :
« Je donne le ballon à Thomas et je le vois qu’il rigole. Je me dis : “Mais il est complètement fou !” Mais voilà, ça résume Thomas. Il est plein de confiance et plein d’expérience aussi dans les grands moments. Quand j’ai vu sa réaction, je savais qu’il allait la mettre. »
### Apprendre de ses erreurs
Malgré une passe interceptée face à l’Angleterre qui aurait pu l’ébranler, Jalibert a démontré une résilience impressionnante. Reconnaissant que l’équipe a parfois subi des « vagues » défensives en fin de tournoi, il préfère retenir la force collective :
« Je pense que là où j’ai grandi, c’est aussi dans les moments comme ça. Je sais que ça fait partie de mon jeu et qu’il peut y avoir des erreurs. […] On a eu plusieurs périodes dans le match mais on a gardé le cap : on a été soudés et cette dernière action résume aussi le caractère de cette équipe. »
Son moment le plus fort reste sans conteste la victoire finale :
« Le Graal, c’était d’aller chercher un deuxième trophée en deux ans. Les prestations individuelles, c’est important, mais je suis surtout très content d’avoir fait de bonnes performances collectivement pour gagner ce trophée. Il y a eu plein de bons moments, mais si je ne peux en retenir qu’un, c’est forcément le moment où on a soulevé le trophée. »
Toutefois, il ne cache pas ses réserves concernant la défense :
« Les trois premiers matchs ont montré énormément de cohérence en défense et dans la discipline. Sur les deux derniers, on a été en difficulté, notamment sur notre défense, où on a trop rarement réussi à arrêter le momentum. On prend des vagues, des vagues, des vagues, et au bout d’un moment, elles finissent dans l’en-but. Ça reste un point qu’on va devoir gommer pour les prochaines échéances, parce que prendre autant de points, c’est compliqué, même si on a eu une attaque redoutable. »
### Retour au quotidien du Top 14
Après ce triomphe international, le « vrai Matthieu » va retrouver la pression du Top 14 avec un choc au sommet contre le Stade Toulousain ce dimanche soir. Un enchaînement qu’il aborde avec sérénité, conscient que son manager, Yannick Bru, compte déjà les heures avant son retour à l’entraînement.







