Ancien entraîneur de l’attaque des Bleus et du Portugal, Patrice Lagisquet offre une analyse experte sur l’ascension fulgurante de Louis Bielle-Biarrey. Pour celui qui a marqué les saisons du Biarritz Olympique, l’ailier bordelais ne se résume pas à sa vitesse exceptionnelle : « c’est avant tout un stratège des espaces ».
**Une intelligence de course hors normes**
Ce qui frappe Lagisquet, c’est la capacité du joueur à lire le jeu aussi vite qu’il court. Dans un entretien accordé à *Sud-Ouest*, il explique : « Sa vitesse de course, il l’a aussi en termes de lecture. Il a toujours ce temps d’avance qui lui permet de marquer des essais. Il lit aussi très bien les initiatives de ses partenaires pour y apporter des réponses immédiatement. »
Cette complicité avec les cadres du XV de France, comme Antoine Dupont, Thomas Ramos ou Matthieu Jalibert, est devenue une arme fatale. Ces joueurs savent exploiter la technique pure pour alimenter les appels tranchants du « casque rouge ».
**Le secret du « bon timing »**
Contrairement à beaucoup d’ailiers qui réceptionnent le ballon à l’arrêt, Bielle-Biarrey excelle par sa capacité à arriver lancé à pleine vitesse. Selon Lagisquet : « Louis a toujours de super timings pour avoir des prises de balle en accélérant. Il déborde en étant déjà à sa capacité d’accélération maximale là où d’autres […] ont peut-être un peu trop anticipé et, du coup, sont à plat. On voit beaucoup d’ailiers qui reçoivent le ballon un peu arrêtés. Même sur les grandes passes, lui, il arrive toujours lancé. »
Qu’il s’agisse de longues passes ou de jeux au pied parfaitement dosés, le Bordelais fait preuve d’une précision jugée « exceptionnelle » par Lagisquet.
**Des axes de progression identifiés**
Malgré son statut de meilleur marqueur du Tournoi, le jeune joueur de 22 ans conserve une marge de progression, notamment dans le combat physique. Si ses interventions défensives gagnent en précision, Lagisquet souligne qu’il doit encore durcir ses contacts : « Il s’est bien amélioré sur ses timings défensifs et sur les ballons hauts. Il a encore une progression dans sa défense sur l’homme. En étant encore plus dur dans ses contacts. »
L’entraîneur ajoute : « C’est vraiment la marque des grands finisseurs. Mais c’est aussi lié au fait qu’il est créateur. Il est capable autant de marquer que de faire marquer. C’est aussi ce qui est génial chez lui. Il y a aussi ses petits jeux au pied souvent bien dosés, c’est rare qu’il se trompe : doser ses jeux au pied, par-dessus ou à ras de terre, en pleine course. C’est exceptionnel. »
Avec le temps et un gain de puissance physique attendu, l’ailier tricolore devrait devenir un défenseur aussi redouté qu’il est aujourd’hui un finisseur clinique : « Ses adversaires sont très puissants. Mais il va encore progresser. Il est tout jeune, il va continuer à gagner en puissance. Il sera encore plus efficace sur l’homme. »







