L’ouvreur international français Matthieu Jalibert s’est livré dans une interview exclusive accordée au journal *L’Équipe*, partageant son immense joie et son plaisir après la victoire du XV de France dans le Tournoi des Six Nations.
Il revient en particulier sur le match épique contre l’Angleterre, un moment fort en émotions qu’il décrit avec sincérité : « De l’émotion, du plaisir, de la fierté aussi. Là, ça retombe un peu, mais ce sont des moments qui sont suspendus dans le temps. Ça a été compliqué, mais le principal, c’est qu’on a été capables de gagner le trophée. Tu gagnes sur le gong, sur une pénalité décisive, après un match de fou, pendant lequel les deux équipes ont eu des moments forts… Le dénouement fait que la joie est encore plus incroyable. Même pour les spectateurs, ça a été quelque chose de bien kiffant. »
Malgré tout, Jalibert souligne que l’équipe aurait pu rendre la victoire plus aisée : « Mais nous, comme l’a dit Antoine Dupont, si on avait pu se le rendre un peu plus facile, on aurait pris aussi ! L’approche avait été plutôt bonne, il y a eu des secteurs où on a été défaillants, ce qui nous a mis en difficulté. Mais avec l’expérience collective et la force de tous les joueurs, il n’y a jamais eu d’affolement, on y a cru jusqu’à la dernière action. On savait qu’on pouvait renverser la table. Quand la pièce tombe du bon côté, c’est cool de gagner comme ça. »
Le moment clé de la rencontre, la pénalité décisive de Thomas Ramos dans les derniers instants, est également évoqué avec émotion : « Quand on a l’avantage, on voit Antoine qui essaie de trouver une solution, et Thomas crie : “Stop, stop, c’est bon, on prend les points”. Le ballon était dans mes mains… et je vois qu’il rigole ! Dans ma tête, je me dis : “Mais il est fou !” Tout le monde serait submergé par la pression, mais non, lui vit pour ces moments-là. C’était juste du kif pour lui de se dire : “OK, c’est pour moi, j’ai le destin de l’équipe entre mes mains.” »
Il rend hommage au caractère de Ramos : « Ça montre aussi le bonhomme que c’est. Beaucoup d’expérience, de cran et de sérénité dans les grands moments. Nous, on l’a payé aussi avec l’UBB, quand on jouait face à lui, donc quand je lui donne le ballon, je sais que c’est gagné. Thomas, c’est le meilleur buteur du monde et il ne rate quasiment jamais. »
Matthieu Jalibert salue aussi la montée en puissance de son jeune coéquipier Louis Bielle-Biarrey : « Il s’en rapproche ! Il continue d’affoler les compteurs et, en tout cas, c’est l’ailier qui crée le plus de danger et qui score le plus. On est très contents de l’avoir dans notre équipe, parce que dans des matches comme ça, il nous sort de belles épines du pied. »
Il souligne les progrès constants du joueur : « Alors, ses qualités physiques en attaque, on les connaît tous, mais on dirait qu’il n’a pas de limites. Même sur des secteurs où tu ne l’attends pas forcément, il continue à progresser, comme les ballons hauts, la défense. Physiquement, il s’est épaissi, il est beaucoup plus dur au contact. Et il est très humble, continue de travailler. Il n’est jamais satisfait. Il peut avoir marqué quatre essais et venir te voir à la fin du match pour te dire : “Là, j’aurais dû faire ci ou ça”. Et on lui répond : “Ça va, calme, t’en as déjà mis quatre !” Ça résume le bonhomme. »
Enfin, Jalibert confie que ce succès a une saveur particulière, bien différente de celle de la saison précédente : « Déjà, l’année dernière, je n’ai pas eu la médaille. Ça veut tout dire. Quand tu joues un match sur cinq, tu te sens moins concerné par la victoire finale. Sur le palmarès, ça comptait mais, personnellement, celui-là a beaucoup plus de saveur. Il y a eu de la joie, de la fierté. J’ai pris conscience de la chance qu’on a de vivre ces moments-là. J’ai aussi eu des moments compliqués en équipe de France, donc il y avait beaucoup de soulagement et de plaisir d’avoir pu regoûter à ce maillot bleu et de décrocher un titre. »







