Le 19 mars reste une date gravée dans la mémoire du rugby mondial, une blessure ouverte qui ne cicatrise pas. Quatre ans après l’assassinat de Federico Martin Aramburu en plein cœur de Paris, une avancée judiciaire majeure se profile enfin pour sa famille et la communauté ovale, encore profondément marquées par ce drame.
### Une cour d’assises pour juger l’horreur
Le procès tant attendu est désormais programmé : du **7 au 28 septembre 2026**, la cour d’assises de Paris examinera les responsabilités dans la mort de l’ancien international argentin. Après une enquête complexe de quarante-huit mois, Loïk Le Priol et Romain Bouvier, principaux suspects, devront répondre de leurs actes devant les jurés.
Loïk Le Priol, dont un tir a frappé Aramburu dans le dos, est accusé d’assassinat, une qualification criminelle impliquant la préméditation, qui sera au centre des débats. Romain Bouvier, auteur de tirs à la cuisse et au flanc de la victime, sera jugé pour tentative d’assassinat. Deux autres personnes, Lyson Rochemir et Antony Sorrentino, comparaîtront également pour complicité et aide à la fuite.
### « Une espèce d’attente » : le calvaire de la famille
Pour Maria, épouse de Federico Martin Aramburu, ce quatrième anniversaire ravive une douleur quotidienne que le temps ne parvient pas à apaiser. Si chaque année cette date donne lieu à des hommages, elle dénonce le poids du silence judiciaire qui a précédé l’annonce du procès.
Elle se confiait ainsi à **Midi Olympique** :
« C’est une date à passer. Nous vivons l’absence de Fede toute l’année, tous les jours. La semaine de son anniversaire et celle de sa disparition sont celles où tout le monde a une pensée. […] Il ne peut pas y avoir la même intensité tous les jours. La vie reprend. Je n’ai pas peur qu’on oublie Fede, car de toute façon, je ne pense pas que ça arrive. Après, c’est vrai que le procès qui n’arrive pas, ça alimente une espèce d’attente. »
### Un crime qui a marqué le monde de l’ovale
L’affaire Aramburu dépasse largement le cadre d’un fait divers. Entre la traque internationale des suspects et l’idéologie d’extrême droite qui les caractérise, l’onde de choc a traversé les frontières. Depuis leur arrestation, Le Priol et Bouvier sont détenus provisoirement, un isolement qui touche à sa fin avant leur comparution devant la justice.
En septembre prochain, pendant trois semaines, le tribunal devra éclaircir les circonstances tragiques de cette nuit de mars 2022, où la vie d’un homme admiré a basculé à cause d’une simple altercation tardive. Le monde du rugby attend désormais que justice soit rendue, à la hauteur de l’homme qu’était « Fede ».






