Dans un entretien exclusif accordé à Midi Olympique, Dorian Aldegheri, pilier droit du XV de France et du Stade Toulousain, revient sur son parcours atypique, loin des sentiers traditionnels du rugby.
Contrairement à de nombreux joueurs issus de familles de rugbymen, « Doudou » puise ses racines dans un héritage familial inattendu, mêlant football et catch. Son père, ancien footballeur, n’a pas transmis à Dorian une passion directe pour le ballon ovale. C’est plutôt du côté de son grand-père, ancien catcheur italien originaire de Vérone, que s’exprime cette fibre physique. « Mon père faisait du foot et mon grand-père faisait du catch… Mon grand-père travaillait comme plâtrier. Il est arrivé en France à 18 ans et il venait d’Italie, de la ville de Vérone. On m’a raconté qu’il pratiquait le catch le soir, après ses longues journées de boulot et qu’il était plutôt bon », confie Aldegheri, dont la branche italienne demeure très présente, notamment à l’approche d’un mariage familial en Italie.
Avant de s’imposer en mêlée comme l’un des piliers les plus solides du Top 14, Dorian caressait un autre rêve : devenir sapeur-pompier. « Je rêvais de devenir pompier. Je m’étais même renseigné pour faire l’école des jeunes sapeurs-pompiers mais les stages étaient programmés les week-ends : c’était donc incompatible avec le rugby et ma mère a refusé », raconte-t-il. Ce refus maternel, bien que décevant pour lui à l’époque, s’est avéré bénéfique pour le rugby français, le poussant à se consacrer pleinement à sa carrière sportive.
Les premières années du joueur se sont écrites à Blagnac, au stade Odyssud, où il débute à cinq ans sous l’œil attentif de ses grands-parents. De cette période, il garde non seulement des amitiés durables mais aussi des souvenirs de vestiaires empreints de légèreté et d’espièglerie. Son surnom, « Doudou », lui a été attribué dès son plus jeune âge par une dirigeante du club. Les jeunes joueurs s’amusaient à transformer les vestiaires en véritable piscine improvisée : « On bouchait l’évacuation des douches pour faire une piscine dans les vestiaires. On restait une vie sous la douche et ensuite on faisait de grands ventri-glisses dans les vestiaires. Une fois, Steeve y était allé trop fort : il avait percuté le banc et s’était ouvert la lèvre en grand, il y avait du sang partout. Et lors des entraînements sous la pluie, on passait notre temps à faire des batailles de terre quand il y avait de la boue… »
Enfin, s’il n’a jamais orné les murs de sa chambre de posters de joueurs, Dorian Aldegheri a toujours admiré Benoît Lecouls, pilier emblématique du Stade Toulousain. « La tête en avant et les bras écartés, il était vraiment impressionnant. Il avait une tête aussi… Par la suite on s’est croisé et on a un peu discuté mais je ne le connais pas vraiment », confie-t-il à propos de son idole atypique.
Ainsi se dessine le portrait d’un joueur au parcours singulier, forgé par un mélange d’influences inattendues, d’ambitions déviées et d’anecdotes chaleureuses, qui aujourd’hui porte fièrement les couleurs du XV de France.







