Ces dernières semaines, Pierre Mignoni, manager du Rugby Club Toulonnais (RCT), a traversé une période difficile marquée par un burn-out. Après trois semaines de repos, il est de retour au Campus et affiche une meilleure forme. Déterminé à éviter toute récidive, il entend désormais revoir sa méthode de travail.
À ses côtés, Franck Azéma, fort d’une expérience de plus de dix ans au plus haut niveau, livre une analyse pertinente sur l’évolution du métier d’entraîneur. Selon lui, l’émergence d’équipes techniques élargies a profondément transformé ce rôle, qui est désormais devenu celui d’un véritable gestionnaire de crise permanent.
Dans les colonnes de Sud-Ouest, il confie : « Je me suis reconnu dans ce qu’a expliqué Pierre. On a le privilège de bien vivre de notre passion. Tu as envie de performer, d’être le plus précis dans ce que tu apportes à ton groupe, sachant qu’au fil du temps, les staffs et les effectifs n’ont cessé de s’élargir. Des personnes à ‘driver’, des opinions à canaliser… Ça demande une grosse organisation. »
Il ajoute : « Et chaque décision compte. D’où l’importance de bien s’entourer pour ne pas devoir tout contrôler et tout faire soi-même. »
Franck Azéma souligne également le coût personnel de cet engagement intense : « quelque part égoïste, où tu passes plus de temps avec tes joueurs et ton staff qu’avec ta femme et tes enfants. »
Le témoignage de ces deux figures du rugby français met en lumière les défis humains et professionnels auxquels sont confrontés les managers aujourd’hui, un rôle où la pression ne cesse de croître.







