Paul Mallez : « À un millimètre près, ça peut tout changer »
Pilier du Stade Toulousain, Paul Mallez est revenu dans les colonnes de La Dépêche sur la grave blessure aux cervicales qui a marqué le début de sa saison. Une fracture rare et délicate, survenue lors d’une mêlée fermée à l’entraînement, pourrait avoir compromis sa carrière.
« Je sortais d’une bonne tournée en Nouvelle-Zélande, d’une belle saison avec Aix. Il y avait tout pour que je me régale. Je voulais enchaîner, je voulais aussi prouver que j’avais ma place dans ce groupe. Donc mentalement, ça a été un gros coup d’arrêt parce que je me sentais prêt, je sentais que c’était le moment », explique le joueur. Malgré la gravité de sa blessure, le staff du Stade Toulousain l’a soutenu, lui accordant le temps nécessaire pour une reprise progressive. « Même si je n’attendais que ça et que j’avais vraiment envie de me remettre sur le terrain, je pense que quand je suis revenu, j’étais vraiment prêt. Depuis, ça se passe bien. »
La fracture concernait précisément la première vertèbre cervicale (C1), une zone où la moindre déviation d’un millimètre peut avoir des conséquences irréversibles. « En étant pilier… ce genre de fracture n’était jamais arrivé à cet endroit-là dans le monde du rugby », confie Mallez. Les premiers jours ont été « un peu dans le flou », entre incertitudes médicales et impossibilité d’envisager une reprise rapide : « Pendant six semaines, j’avais une minerve qui me prenait du milieu du dos, du thorax, jusqu’en haut de la tête. Je ne pouvais rien faire. »
Heureusement, l’opération a pu être évitée : « C’est une blessure qui cicatrise toute seule. J’ai fait des radios, des scanners, des IRM. Ensuite, j’ai eu des rendez-vous avec David Brauge, le neurochirurgien qui s’occupe de tout ça. Il y a une commission avec d’autres neurochirurgiens où ils partagent justement par rapport à ces blessures, à ces images. » Ce long processus de contrôle et de rééducation a été accompagné de tests rigoureux de force et de sensibilité afin de garantir un retour plus fort qu’avant, évitant ainsi tout risque de rechute. « Ça a été long, j’ai beaucoup bossé mais du coup, tout est rentré dans l’ordre. »
Aujourd’hui, Paul Mallez affiche une confiance intacte et ne laisse aucune place à la peur : « Je n’appréhende rien et je n’ai jamais appréhendé en revenant sur le terrain… En étant pilier et à vouloir mettre l’envie et l’agressivité que j’ai envie de mettre, on ne peut pas jouer avec de la peur. Je touche du bois, j’espère que je n’en aurai jamais, mais pour l’instant, je n’ai pas du tout d’appréhension. »
Pour conclure, le joueur a su tirer une leçon personnelle de cette épreuve : « J’ai dû relativiser par rapport à beaucoup de choses pendant cette blessure parce que l’envie, c’était d’être avec les mecs que je n’avais pas côtoyés sur le terrain depuis deux ans, que je regardais à la télé. J’ai rongé mon frein mais c’est derrière moi maintenant. » Paul Mallez a finalement retrouvé le chemin des terrains à Lyon le 20 décembre et semble prêt à reprendre pleinement son rôle au sein du Stade Toulousain.







