À quelques heures du choc attendu entre l’Union Bordeaux-Bègles (UBB) et le Stade Toulousain, la tension monte pour cette 19e journée de Top 14. Ce dimanche 22 mars à 21h05, tous les regards seront tournés vers les lignes de trois-quarts, théâtre d’une confrontation électrique.
Si l’UBB impressionne avec ses stars internationales, l’ailier toulousain Matthis Lebel refuse de céder au complexe d’infériorité que certains pourraient lui prêter. Face à l’armada bordelaise, il prévient : « On va passer au révélateur ».
Reconnaissant le talent exceptionnel des arrières girondins, étincelants lors du dernier Tournoi, Lebel souligne cependant que Toulouse dispose aussi d’atouts solides. « On connaît leurs qualités depuis quelques années. Ils ont eu la chance de constituer une ligne de trois-quarts qui évolue au plus haut niveau maintenant. On l’a vu pendant le Tournoi avec des joueurs d’exception. Après, le rugby se joue à 15 et on a la chance d’avoir des avants, même s’ils ont un gros paquet d’avants aussi. Et ça reste un match de rugby à 15 contre 15, où l’on espère pouvoir réaliser la meilleure performance possible collectivement. Et peut-être aussi individuellement pour rivaliser contre ces joueurs. Sinon, c’est sûr que ça peut être compliqué », confie-t-il à La Dépêche.
Malgré le battage médiatique autour des lignes de trois-quarts adverses, l’ailier international recentre le débat sur son propre vestiaire : « On nous parle de la ligne de trois-quarts de Bordeaux, on nous parle de la ligne de trois-quarts de Pau, mais ce que je sais, c’est qu’à l’intérieur de l’équipe, je pense qu’on a des grands joueurs aussi. Il y a la compétition entre nous à chaque entraînement et on arrive à se challenger entre nous. Alors forcément, là, on va se confronter avec peut-être un peu plus d’intensité physique. Mais je pense que c’est déjà bien aussi de regarder ce qu’on a dans le club, parce qu’il a réussi à bâtir en recrutant des joueurs qu’on voit évoluer le week-end. »
Autre événement clé de ce Clasico : le retour tant attendu de Romain Ntamack. L’ouvreur toulousain, sorti de plusieurs mois d’absence en raison de blessures, semble prêt à reprendre les commandes. Très proche de lui, Lebel se montre rassurant sur son état physique et son engagement : « Déjà, je le sens personnellement affûté. Je partage forcément beaucoup de temps avec lui en dehors des terrains, mais aussi surtout sur le terrain, dans les salles de muscu. On connaît le sérieux de Romain, tout le monde est au courant et je pense qu’il a essayé d’optimiser le plus possible son travail physique pour essayer d’arriver le plus prêt possible. Je pense qu’il lui tardait de retrouver les terrains, retrouver les copains, retrouver cette sensation de jouer rugby parce que c’est vrai qu’il a été pas mal embêté avec quelques pépins physiques. »
Interrogé sur la capacité de Ntamack à briller dès son retour, Lebel ne doute pas un instant : « Vous doutez, vous ? Non ? Moi non plus. Non, je n’ai aucun doute. On le sait, Romain, c’est un compétiteur. Bien sûr, comme tout compétiteur, quand on n’est pas d’une aventure comme celle qu’a faite l’équipe de France, ça peut nous frustrer. Mais c’est la vie, il s’est blessé, il en est conscient, il a travaillé. Pour connaître Romain, il y a eu de la frustration, mais il y aura aussi de la frustration si à la fin de la saison, on n’arrive pas à aller chercher quelque chose pour le club. »
Ce match marque également la sortie de Toulouse d’une période de doublons bien maîtrisée, malgré un calendrier dense que l’ailier confesse ne pas avoir particulièrement apprécié. L’objectif toulousain reste clair : conserver sa place de leader pour aborder les phases finales dans les meilleures conditions, tout en assumant pleinement son statut de favori.
« On est au jus du classement, parce qu’on sait très bien que si on veut exister dans les deux conditions, le classement et les points sont importants pour surtout se donner du temps et de la marge de manœuvre pour la fin de saison. On va passer au révélateur un peu. Et après, il y a aussi les trois-quarts de Pau. On entend parler de beaucoup de monde mais j’aimerais bien qu’on se concentre aussi sur nous, qu’on regarde ce qu’on est capables de faire », conclut Lebel.
D’ici le coup d’envoi, la pression ne cessera de monter, promettant un duel intense et décisif sur le gazon bordelais.







