Face à une série de blessures dans sa ligne de trois-quarts, Ronan O’Gara a opté pour une solution audacieuse. Davit Niniashvili, habituellement éclaireur à l’aile ou à l’arrière, prend place avec force au poste de second centre. Ce samedi soir à 21 heures, contre Pau, le prodige géorgien portera à nouveau les espoirs du Stade Rochelais, après une adaptation fulgurante qui impressionne autant ses coéquipiers que ses entraîneurs.
### Un électron libre devenu maître du milieu
Le repositionnement de ce jeune talent de Tbilissi au cœur du jeu n’était pas une évidence. Pourtant, dès ses débuts à ce poste face à Montpellier le 14 février, Niniashvili a littéralement éclaté les codes, malgré la défaite de l’équipe. Sa performance lors du match capital à Castres, où il a gagné 70 mètres et réussi 13 plaquages, démontre que son potentiel ne se limite pas aux vastes espaces.
Dillyn Leyds, son coéquipier, résume parfaitement la situation dans un entretien accordé à Sud-Ouest : « Davit est un joueur exceptionnel, qui veut avoir le ballon. Sa force, c’est sa vitesse. À ce poste, il touche plus le ballon qu’à l’aile ou à l’arrière. Et il a beaucoup travaillé sa défense avec ‘’ROG’’ et ‘’Carmi’’. Il n’aime pas trop les structures mais à chaque fois qu’il touche le ballon, il nous ouvre l’espace. »
### Le talent à l’état pur au service du collectif
Sur le terrain, la complicité avec son premier centre Adrien Séguret semble déjà bien rodée. Ce dernier souligne la simplicité tactique offerte par un profil aussi naturel : « On lui donne la balle et on laisse faire ‘’Nini’’ et son talent. Je rigole, mais c’est un peu ça. Je pense que ce poste lui plaît. Il apporte sa grande vélocité, sa capacité à aller très vite sur les extérieurs. Il nous aide à briller. C’est un mec imprévisible pour l’adversaire. »
Mais ce qui frappe surtout, c’est l’intelligence de jeu du Géorgien, qui facilite une transition tactique souvent complexe : « Il l’a très vite assimilé parce qu’il pue le rugby et qu’il a cette capacité à comprendre plus vite que les autres », ajoute Séguret.
### Une marge de progression sans limite ?
Si Niniashvili impressionne, Ronan O’Gara garde les pieds sur terre. Le manager irlandais valorise avant tout l’état d’esprit de son joueur, convaincu que ce dernier n’est pas un produit fini : « Pourquoi il est très fort ? Parce que c’est un super garçon, ouvert, qui aime apprendre. Comme beaucoup de grands joueurs, il sait qu’il n’est pas un article fini. Il a ses principes, ses valeurs et il ne les abaissera pas. Cette constance pour donner le meilleur de lui chaque jour, c’est exactement ce que je cherche. »
Évoquant la possibilité de voir un jour son protégé évoluer à l’ouverture, poste qu’il a déjà occupé en sélection, O’Gara préfère en sourire : « Ça serait une journée triste pour les n°10 dans le monde. »
Pour l’heure, il savoure l’émergence de ce nouveau centre tout en gardant la prudence qui caractérise un entraîneur expérimenté : « En revanche, il propose beaucoup de choses mais je ne suis pas sûr qu’il est capable de tout faire. Dans sa tête oui, mais dans la mienne, ce n’est pas certain. On doit respecter cela aussi, ce serait très bête de lui mettre un plafond, parce qu’on ne sait pas où finira son développement. »







