C’est un véritable coup de tonnerre au sein de la fédération néo-zélandaise de rugby (NZR). Alors que le rugby mondial s’internationalise à grande vitesse, Damian McKenzie relance un débat brûlant : faut-il mettre fin à l’exclusivité territoriale pour porter le mythique maillot à la fougère argentée ?
Face à l’enjeu de maximiser le vivier de talents, le staff dirigé par Dave Rennie envisage désormais d’ouvrir la sélection aux joueurs évoluant à l’étranger, un sujet jadis tabou devenu une urgence aux yeux de certains cadres.
### Le modèle australien en exemple
Le demi d’ouverture des Chiefs ne cache pas son admiration pour l’approche australienne. L’Australie a su assouplir ses « lois Giteau », permettant ainsi de rapatrier des joueurs clés comme Will Skelton ou Noah Lolesio en vue de la Coupe du Monde 2027.
À l’inverse, la Nouvelle-Zélande maintient une ligne historique stricte : tout joueur qui signe en Europe ou au Japon est automatiquement écarté de la sélection nationale. Une règle rigide qui pourrait aujourd’hui fragiliser l’armada des All Blacks.
Fort de ses 74 sélections, Damian McKenzie estime qu’il est temps de franchir un cap. Comme l’a rapporté Rugbypass, il explique : « C’est un sujet dont on a déjà beaucoup parlé… et ce serait pas mal d’avancer dessus. »
### Une fuite massive des talents vers l’hémisphère Nord
Le débat s’impose alors que les départs se multiplient. Dalton Papali’i (capitaine des Blues), le puissant numéro 8 Hoskins Sotutu, ou encore Etene Nanai-Seturo, récemment engagé à l’ASM Clermont pour trois saisons, illustrent cette hémorragie de joueurs au sommet de leur forme.
Pour McKenzie, l’excellence sportive doit primer, peu importe la provenance du salaire. Il insiste : « On veut simplement que les meilleurs joueurs portent le maillot de leur pays, n’est-ce pas ? »
### Vers une révolution culturelle chez les Kiwis ?
New Zealand Rugby redoute qu’une ouverture du recrutement ne dépouille le Super Rugby de ses meilleurs éléments. Le défi pour Dave Rennie sera donc de maintenir un équilibre délicat entre la préservation du championnat domestique et la constitution d’un groupe compétitif, sans être amoindri par l’exode financier.
Damian McKenzie, fervent défenseur du changement, assure cependant qu’il respectera la décision finale de la fédération. Il conclut : « Quelle que soit la voie qu’ils (New Zealand Rugby) choisissent, nous devons nous y tenir et les soutenir. »






