Mené 0-14 par Castres samedi, le Racing 92 a réalisé une remontée spectaculaire, s’imposant finalement 52-21. Au centre de cette victoire éclatante, un homme : Vinaya Habosi. Repositionné au centre par le manager Patrice Collazo, le Fidjien est devenu l’arme fatale des Franciliens, transformant chaque impact en véritable démonstration de puissance.
Le Racing doit en grande partie cette victoire à son « casseur de plaquages » attitré. Pourtant, il y a encore quelques mois, l’avenir d’Habosi dans les Hauts-de-Seine semblait incertain. Sous l’ère précédente, le joueur peinait à convaincre, notamment à cause de ses lacunes sous les ballons hauts et son indiscipline. Le changement de staff a toutefois sonné la révolution tactique.
### L’intuition gagnante de Patrice Collazo
Alors que Stuart Lancaster envisageait de se séparer de lui, Patrice Collazo a décelé un potentiel différent. Le manager explique à L’Équipe :
« J’ai balancé la pièce en disant, pourquoi on n’essayerait pas ? Fred Michalak et Joe Rokocoko m’ont dit : oui, on y avait pensé, mais personne n’a osé. Et aujourd’hui, “Vini” s’éclate à ce poste. Pour l’énergie de l’équipe, il est quasiment indispensable au centre. Il a un ratio de tâches, avec et sans ballon, qui est colossal. Ses datas sont très élevées. Il avance, il peut faire des offloads comme des plaquages offensifs. Il marque l’adversaire et lui fait forcer des décisions. »
Face à Castres, Habosi a incarné ce rôle à la perfection, agissant comme un véritable perforateur de défense. L’entraîneur du CO, Xavier Sadourny, ne pouvait que constater la défaite cuisante de son équipe, avouant qu’elle « avait pris un pet au casque » et « avait été agressée avec ou sans ballon ».
### « Un platane » au cœur du jeu
Dans le vestiaire du Racing, le talent d’Habosi fait l’unanimité. Olivier Azam, coach des avants, souligne la dimension humaine du joueur :
« Au-delà de ses qualités d’explosivité, au-delà du fait qu’il travaille fort en défense, “Vini” est un mec adorable, toujours avec la banane. Ça pourrait être mon gamin. »
Cette affection est partagée par le capitaine Max Spring, qui savoure les espaces créés par la puissance de son coéquipier :
« Il prend trois défenseurs sur lui, tient le ballon comme une balle de tennis et hop, offload ! Malheureusement, je dois parfois défendre sur lui à l’entraînement. Damian Penaud a raison : c’est bien un platane. »
Aujourd’hui, Vinaya Habosi n’est plus une simple option. Il est devenu un casse-tête pour ses concurrents internes, poussant même des cadres comme Gaël Fickou hors de la feuille de match face à Castres. Le Racing 92 a clairement trouvé son nouveau centre de gravité.







