Infranchissable dans les airs, Florian Verhaeghe a été le héros du succès de Montpellier face à Clermont (20-17) samedi au Michelin. Depuis sa suspension, le deuxième ligne héraultais a retrouvé une forme XXL, en particulier en touche, et se rapproche à grands pas d’un retour en équipe de France.
Évitant les caméras pour savourer la victoire dans l’intimité du vestiaire, Verhaeghe a laissé parler sa prestation sur le terrain. Véritable brise-glace, il a notamment capté le ballon de la victoire à la dernière seconde, sur un lancer de Bernabé Massa.
**Le cauchemar des talonneurs adverses**
Avec quatre ballons volés en touche durant la rencontre, le Montpelliérain porte son total à 15 cette saison. Cette habileté à lire le jeu « rend fou » ses adversaires, comme le souligne son manager Joan Caudullo, qui ne tarit pas d’éloges à son sujet, malgré une entame de saison compliquée due à une suspension de quatre semaines.
« Il a été pas mal décrié, notamment avec ce carton rouge pris au match aller contre le Racing. On lui a reproché beaucoup de choses mais, aujourd’hui, même si je sais qu’il y a de la quantité à ce poste-là, il se rapproche du niveau international. Il a fait une masterclass, il nous amène l’ADN que l’on veut, c’est-à-dire être agressif, mettre énormément d’engagement, et être capable de faire le moins de fautes possibles », déclare son entraîneur.
**Une métamorphose disciplinaire saluée par ses pairs**
Depuis son expulsion le 11 octobre dernier pour un déblayage dangereux, le joueur de 28 ans semble avoir eu un déclic. Anciennement critiqué pour son indiscipline, il a nettement amélioré son comportement sur le terrain. Samedi, malgré onze plaquages et une activité intense dans les rucks, il n’a été pénalisé qu’une seule fois.
Ses coéquipiers saluent unanimement son impact. Le capitaine Lenni Nouchi parle même d’un « tour de contrôle » indispensable : « Il est monstrueux, il fait une saison assez impressionnante, surtout la deuxième partie, il est partout. Je suis content de l’avoir avec nous. »
Alexandre Bécognée se réjouit aussi du travail de l’ombre de son partenaire : « Ça fait du bien, quand un mec comme ça contre des ballons, ça t’évite de défendre derrière, sur plusieurs temps de jeu. C’est un vrai plus. Après, il n’a aucun mérite, si je mesurais 4 mètres, ce serait aussi facile pour moi… Je plaisante, il est vraiment très présent en ce moment. »
Florian Verhaeghe ne mesure peut-être pas quatre mètres, mais du haut de ses 2,03 m, il est redevenu ce pilier incontournable capable de fermer l’horizon à ses adversaires. S’il maintient ce niveau de « haute altitude », le deuxième ligne aux trois sélections peut légitimement espérer que le téléphone de Fabien Galthié sonne à nouveau pour l’appeler en Bleu.







