Le choc de la journée entre l’Union Bordeaux-Bègles et le Stade Toulousain (44-20) a tenu toutes ses promesses ce dimanche, avec en point d’orgue le retour très attendu de Romain Ntamack.
Face à un Matthieu Jalibert en pleine forme, l’ouvreur toulousain a démontré qu’il n’avait rien perdu de son talent malgré trois mois d’absence, et ce malgré un accueil hostile du public bordelais.
Tous les regards étaient tournés vers le numéro 10 des Rouge et Noir. Après avoir surmonté une fracture du rein puis une lésion aux ischio-jambiers, Romain Ntamack, 26 ans, a livré 55 minutes intenses, inscrivant 13 points et un essai. Il a rappelé à tous combien sa vision du jeu reste unique.
« Je l’ai trouvé sincèrement plutôt alerte, intéressant dans sa qualité de passe et dans sa capacité à faire jouer », a déclaré son manager Ugo Mola, balayant les doutes sur son état de forme.
Cependant, le retour de l’international français n’a pas été de tout repos. À chaque apparition sur les écrans géants du Matmut Atlantique, le stade a fait retentir une pluie de sifflets.
Cette attitude a provoqué la colère froide d’Ugo Mola en conférence de presse :
« On siffle un mec que tout le monde encense par ailleurs… C’est tellement dramatique, la société dans laquelle on vit et la bêtise de certains environnements. »
Sur le terrain, Ntamack a préféré répondre par la qualité de son jeu, même s’il a avoué à ses coéquipiers être « cramé » au coup de sifflet final. Matthis Lebel, qui l’a soutenu pendant sa convalescence, a salué sa résilience : « Je vous avais dit qu’il ne fallait pas douter. »
Si Ntamack s’est offert un retour réussi sur un plan individuel, il a été largement dominé par Matthieu Jalibert, véritable détonateur bordelais. Le troisième ligne du dernier Tournoi des Six Nations a littéralement dynamité la défense toulousaine en fin de match, avec des statistiques impressionnantes : 123 mètres gagnés, 6 défenseurs battus et 3 essais directement créés grâce à ses fulgurances.
Sur une vague de confiance, Jalibert tire toute son équipe vers les phases finales. Ce duel à distance entre les deux meilleurs ouvreurs français illustre la richesse exceptionnelle du XV de France à ce poste clé.







