Baptiste Heguy, le troisième ligne de l’Aviron Bayonnais, a traversé une épreuve de santé d’une rare violence qui avait commencé à inquiéter ses supporters après sa disparition des terrains fin janvier. Victime d’un virus aux conséquences neurologiques graves, il livre aujourd’hui son combat contre une maladie « qui ne touche que treize personnes par an en France ».
Tout a débuté après un match contre Toulouse, le 31 janvier. Alors qu’il s’apprêtait à partir en vacances, Heguy est soudainement frappé par des vertiges, des tremblements et une fatigue extrême. Ce qui semblait au départ être un simple virus s’est révélé être un cauchemar : le syndrome opsoclonus-myoclonus, une maladie auto-immune rare qui fait que le corps attaque son propre système nerveux. « J’aurais chopé ça à la suite d’une contamination virale, pensent les médecins. Mon corps a surdéfendu le virus et s’est attaqué à mon système nerveux. C’est hyper rare ! », explique le joueur âgé de 27 ans.
En l’espace de dix jours, l’athlète a perdu dix kilos, devenant incapable de lire un simple message ou de marcher sans perdre l’équilibre. Hospitalisé en urgence le 13 février, il a subi une série d’examens pour écarter des pathologies plus graves, telles que le cancer.
Après plusieurs semaines passées en fauteuil roulant à la clinique de Cambo, Baptiste Heguy amorce sa rémission. Grâce à une volonté de fer et à une rééducation intensive, il a retrouvé l’usage de ses jambes et son poids normal. « Les médecins sentaient que le moteur fonctionnait mais la direction et l’équilibre ne répondaient pas », raconte-t-il. Il doit encore suivre une dernière cure d’anticorps, prévue à l’hôpital de Bayonne ce mardi 24 mars, pour finaliser son traitement.
Malgré les difficultés, le joueur garde le sourire et relativise, notamment en côtoyant d’autres patients en centre de rééducation. « Il y a des mecs qui ont frôlé la mort et ne retrouveront jamais 100 % de leurs capacités. Limite, je leur donne envie quand ils me voient bosser et progresser », confie-t-il.
Quant à son avenir sur les terrains de rugby, son retour à l’entraînement au Campus de l’Aviron est programmé la semaine prochaine, même si son retour en match reste incertain. « On me l’a dit [que la saison était finie], oui, mais vu comment j’ai récupéré, j’ai encore un petit espoir », déclare-t-il. Toutefois, la priorité demeure sa santé. Après avoir craint pour son avenir et traversé des nuits d’angoisse, il aborde désormais l’après avec une nouvelle sagesse : « C’est d’abord le corps, d’abord la santé. Le rugby, ça reste secondaire. »
En attendant de pouvoir rejouer, Baptiste Heguy suivra le prochain choc contre La Rochelle depuis son salon, avec la satisfaction d’avoir déjà remporté sa plus grande victoire : celle contre la maladie.







