Le sélectionneur du XV de France, Fabien Galthié, a levé le voile sur une innovation tactique méconnue du dernier Tournoi des Six Nations lors d’une interview exclusive accordée à Midi Olympique.
Si Matthieu Jalibert s’est illustré offensivement, son rôle défensif a été profondément repensé pour pallier ses points faibles et déstabiliser les adversaires.
### Un nouveau rôle défensif : le « numéro 13 »
Traditionnellement, l’ouvreur (numéro 10) défend face à son vis-à-vis direct. Cet hiver, pourtant, le staff tricolore a repositionné Jalibert en second centre (numéro 13) lors des phases défensives.
L’objectif était clair : éviter au Bordelais les confrontations physiques frontales avec les avants adverses. « Il défend en position 3. C’est une position sur laquelle les adversaires arrivent avec moins de frontalité et davantage de vitesse », explique Fabien Galthié.
Pour compenser ce déplacement, des joueurs plus robustes, tels qu’un troisième ligne ou le premier centre Yoram Moefana, ont été alignés en première ligne afin d’absorber les chocs.
### Une tactique « anti-Irlande » payante
Cette stratégie visait notamment à déstabiliser le jeu structuré des Irlandais. « Sur les premières positions défensives, nous avons placé des joueurs capables de répondre à la dimension physique des adversaires : un troisième ligne et un 12, Matthieu a défendu en 13. Ce choix d’avoir des « shooters » au milieu du terrain nous a beaucoup aidés face à l’Irlande. Jusqu’à la sortie de Yoram Moefana, cela les a complètement déboussolés », confie le sélectionneur.
Toutefois, Galthié reste conscient que ces innovations ne gardent pas leur effet longtemps au plus haut niveau.
Il souligne d’ailleurs : « Vous remarquerez que ceux-ci se sont adaptés à ce système au bout de trois matchs. On l’a vu en Écosse et je trouve ça génial. »
### Un avenir tactique conditionné par Ntamack
Fabien Galthié précise que ce dispositif était « sur-mesure » pour Jalibert. En cas de retour de Romain Ntamack dans le XV de départ, la tactique devra évoluer car les deux joueurs ont des affinités défensives différentes.
« Romain Ntamack, lui, préfère défendre en position d’ouvreur. S’il joue, on modifiera donc le système », indique-t-il.
En résumé, l’équipe de France ne s’appuie plus sur un schéma figé, mais adapte constamment sa stratégie aux forces de ses cadres et aux caractéristiques de ses adversaires. Cette souplesse tactique a largement contribué à la conquête du dernier Tournoi des Six Nations.







