Privée de Nicolas Depoortere jusqu’à la fin de la saison, l’Union Bordeaux-Bègles a surpris en réceptionnant le Stade Toulousain (44-20) en repositionnant Damian Penaud au centre.
Un retour aux sources pour l’ailier international qui, malgré des crampes mémorables, a prouvé qu’il n’avait rien perdu de ses instincts de 2017.
Ce choix du staff girondin n’était pas un simple dépannage. En plaçant Penaud en 13, Yannick Bru souhaitait apporter plus d’imprévisibilité à son attaque.
Un pari validé par son capitaine Maxime Lucu :
« Avec la perte de Nico, on a voulu mettre Damian à ce poste-là pour avoir un peu plus de mains, être plus imprévisibles. »
Noel McNamara, entraîneur de l’attaque, rappelle d’ailleurs que le Corrézien a déjà été sacré champion de France avec l’ASM à ce poste.
« T’as plus de ballons, tu fais des rucks »
Équipé d’un micro par Canal+ durant la rencontre, Damian Penaud n’a pas caché sa fatigue ni son plaisir auprès de Maxime Lucu après une interception spectaculaire sur une transversale de Romain Ntamack :
« J’ai des crampes ! C’est pas pareil au centre, frérot ! Tu cours tout, t’as plus de ballons, tu fais des rucks, tu plaques, pouah ! »
Plus actif et sollicité physiquement, l’ancien Clermontois a dévoilé un visage de meneur de jeu que le public avait parfois oublié. Sa complicité naissante avec Yoram Moefana s’est matérialisée par un essai à la 53e minute, où Penaud a devancé Ntamack à la course après une subtile passe au pied de son partenaire du centre.
La réponse d’un champion piqué au vif
Ce match XXL sonne aussi comme une revanche personnelle. Lâché par Fabien Galthié durant le dernier Tournoi des Six Nations malgré son record d’essais en équipe de France (40), Damian Penaud a joué avec une rage communicative.
« Il a cette envie, il a les crocs », confirme Lucu. « Quand tu regardes à la télé les copains jouer le Six Nations […] ce n’est jamais évident. Damian avait envie de toucher du ballon, de prendre du plaisir et ça s’est vu. »
Si l’intérim au centre doit durer, Bordeaux semble avoir trouvé la solution idéale pour compenser ses absences.
Entre intelligence de jeu et puissance physique, le « nouveau » n°13 de l’UBB a envoyé un message clair : qu’il soit sur l’aile ou au cœur du terrain, il reste l’un des joueurs les plus dangereux du championnat.






