C’est un nouveau chapitre, et sans doute le plus inattendu, qui s’ouvre dans la vie de Serge Blanco. À 67 ans, l’ancienne légende du rugby français a été élu maire de Biarritz ce dimanche 22 mars, avec 41,92 % des voix. Il devance ainsi Maider Arosteguy, la maire sortante LR, lors d’un second tour qui consacre l’enfant du pays.
**Un destin profondément ancré à Biarritz**
Arrivé à Biarritz à l’âge de deux ans, en provenance de Caracas, Serge Blanco n’a jamais quitté la cité balnéaire. Surnommé le « Pelé du rugby », il a gravi tous les échelons, passant du métier de tourneur-ajusteur à celui d’icône mondiale du ballon ovale avec ses 93 sélections en équipe de France.
Après avoir dirigé le Biarritz Olympique puis la Ligue Nationale de Rugby, Blanco fait aujourd’hui son entrée dans le monde politique, un univers qu’il reconnaît ne pas maîtriser entièrement : « Je n’ai pas l’habitude de ce monde politique ». Mais son tempérament de meneur reste intact. Pour son ami Denis Charvet, sa réussite ne fait aucun doute : « Serge est un soliste. C’est un leader, un combattant, un bulldozer ».
**Le stade Aguiléra, pierre angulaire de son combat**
La candidature de Serge Blanco à la mairie s’inscrit avant tout dans la défense de son « temple » : le stade Aguiléra. Opposé au projet de réaménagement immobilier porté par l’ancienne équipe municipale, l’ex-international a formé sa liste pour préserver l’identité sportive de Biarritz.
« Elle a voulu faire autre chose que du sport à Aguiléra », explique Pascal Ondarts, fidèle ami de Blanco, dans les colonnes du Parisien. « Serge a bataillé. Lorsqu’il décide quelque chose, il va au bout. »
**Un dirigeant expérimenté aux multiples facettes**
Nouveau maire de Biarritz, Blanco est habitué aux responsabilités… mais aussi aux tempêtes. Sa carrière d’homme d’affaires, autrefois florissante grâce au soutien du milliardaire Serge Kampf, a connu des revers, notamment avec la liquidation de sa holding en 2020.
Son style de direction, souvent qualifié d’autoritaire, a marqué les esprits dans le monde du rugby. À propos de ses débuts à la présidence du Biarritz Olympique, il déclarait : « J’ai convoqué le comité directeur, j’ai écouté chacun des membres puis je leur ai dit de démissionner, tous. C’est comme cela qu’on avance ».
Désormais à la tête de la mairie, Serge Blanco devra composer avec son équipe et les habitants pour transformer l’essai. Fidèle à lui-même, il a d’ores et déjà prévenu ses soutiens lors de la fête de la victoire au restaurant le Royalty : « Le plus dur commence ».







