Alors que le Top 14 entre dans son sprint final, le Racing 92 se prépare à un choc décisif face à la Section Paloise dans un stade du Hameau qui s’annonce incandescent.
Pour les Franciliens, l’enjeu est crucial : sécuriser une place dans le top 6 qualificatif. Au centre de cette bataille, Gaël Fickou, pilier du club ciel et blanc, réapparaît sous les projecteurs.
Absent du dernier Tournoi des 6 Nations, le centre international brise le silence sur sa situation au sein du XV de France dans une interview accordée à Midi Olympique.
Pour la première fois depuis ses débuts, Gaël Fickou a suivi le Tournoi des 6 Nations depuis son canapé, un tournant dans la carrière de ce joueur longtemps considéré comme un cadre incontournable du rugby français.
« Forcément, j’aurais préféré y être en tant que compétiteur, mais je suis très heureux que l’équipe ait gagné. C’est important pour les supporters et pour le groupe. Et puis, cela m’a permis de me reposer, de travailler physiquement et d’être à 100 % pour mon club. »
Éloigné de l’équipe nationale pour la première fois sur l’intégralité d’un Tournoi, le Racingman dresse un bilan positif de cette pause forcée.
Dans un regard lucide sur sa carrière marquée par une rude concurrence avec les grandes figures du rugby tricolore, il évoque la nouvelle hiérarchie en attaque :
« Oui, c’est la première fois que je rate le Tournoi de A à Z. Cela m’était déjà arrivé de manquer des débuts ou des fins à cause de blessures ou de choix, mais jamais entièrement. C’est différent, mais c’est sûr qu’on préfère y être. Honnêtement, quand j’ai commencé, il y avait Mermoz, Bastareaud, Fofana, Vakatawa… Il y a toujours eu de la concurrence. Pendant une grande partie de ma carrière, j’ai été un joueur cadre, mais aujourd’hui les cartes sont rebattues. Il y a des jeunes qui poussent et qui sont très performants. C’est bien que tout le monde puisse se challenger, cela me pousse à être meilleur. J’ai toujours eu de la concurrence, que ce soit à Toulouse avec Yann David, au Stade français avec Jonathan Danty, ou ici au Racing 92 avec Henry Chavancy et d’autres. C’est le jeu, certains jouent plus, d’autres un peu moins, mais c’est normal. »
Témoin de l’évolution accélérée du rugby professionnel, Fickou remarque une arrivée plus précoce de jeunes joueurs complets et matures, grâce à une meilleure formation.
« Changer, oui et non. Moi, je suis arrivé à 18 ans, j’étais un des rares à pouvoir jouer aussi tôt. Aujourd’hui, le rugby a évolué. Quand j’ai commencé, cela faisait 20 ans que le rugby était professionnel, maintenant cela fait 30 ans. Les structures ont évolué, les jeunes sont préparés plus tôt. Moi, j’ai commencé à être prêt vers 21 ou 22 ans, alors qu’aujourd’hui, certains le sont dès 15 ans. Forcément, ils arrivent plus tôt au haut niveau. »
Enfin, évoquant sa non-sélection et son échange avec le sélectionneur Fabien Galthié, il affirme garder une attitude positive et une motivation intacte :
« Non, pas du tout. On a eu une bonne discussion avec Fabien Galthié. Il m’a expliqué sa décision, on en avait déjà parlé, et je l’ai comprise. Rien n’est définitif. À moi de montrer que j’ai encore ma place, même s’il y a une grosse concurrence. C’est à moi d’être au niveau pour revenir en équipe de France. C’est la loi de ce sport. Au contraire, j’apprécie ces mecs-là, certains me conseillent même sur plein de choses. À moi de l’accepter et de continuer à travailler. »
Dans ce contexte électrique, Gaël Fickou apparaît plus que jamais déterminé à revendiquer sa place, aussi bien sur les terrains du Top 14 que sous le maillot tricolore.







