Le second procès des ex-rugbymen de Grenoble s’est ouvert ce mercredi 25 mars devant la cour d’assises de la Charente, à Angoulême. Dans une ambiance lourde, la journée a été consacrée à l’organisation des débats, ponctuée par le témoignage de l’avocat de la victime, maître Gaessy Gros, qui a décrit l’état d’épuisement de sa cliente.
Valentine* (prénom modifié), aujourd’hui âgée de 30 ans, traverse une épreuve de plus dans une procédure judiciaire qui s’étire depuis neuf ans. Pour son avocat, cette affaire est une « longue et éprouvante » bataille, durant laquelle sa cliente, devenue magistrate, doit revisiter une nuit qu’elle espérait oublier.
« Elle a conscience que ce huis clos protège les accusés, mais elle n’a pas la force d’assumer un procès en public », a expliqué maître Gros, soulignant que cette mesure vise à préserver la dignité de la victime tout en mettant en lumière les répercussions de l’affaire sur sa vie professionnelle.
Interrogé par Midi Olympique, l’avocat a dressé un point clair sur le déroulement des débats, marqués dès le premier jour par un incident procédural sur la liste des jurés, finalement levé. Il prévoit un procès « très long » et au calendrier « serré », susceptible de s’étendre tard dans la soirée.
Las de la lenteur du processus, maître Gros a exprimé son exaspération : « Cela fait neuf ans qu’elle subit cette procédure. Neuf ans, c’est presque un tiers de sa vie. Elle est dans une phase où elle attend le dénouement de cette affaire et mobilise ses dernières forces, car c’est extrêmement éprouvant. »
Il a rappelé que la plainte continue de peser lourdement sur sa cliente : « Revivre les dénégations des accusés, c’est particulièrement éprouvant. La position des accusés a parfois été véhémente à son égard, remettant en cause ses mœurs et intentions, alors qu’elle tient le même discours depuis des années. »
Maître Gros a refusé de commenter les premières déclarations des prévenus, précisant que « le procès débute par l’examen de la personnalité des accusés » et que les faits seront abordés ultérieurement.
Face à l’usure psychologique, la victime a choisi de demander un procès à huis clos. Pour son avocat, « ce droit, prévu par la loi pour protéger les victimes, est une nécessité dans ce cas. Cela permet aussi de limiter l’impact médiatique et protège les accusés du regard de l’opinion publique ».
Enfin, il a insisté sur le cœur du procès : la question du consentement. Bien que la législation ait évolué, ce dossier reste en partie soumis à l’ancienne définition, centrée sur l’existence de contrainte, surprise ou violence. « Dans ce dossier, notre cliente n’était pas consentante, et les éléments du dossier montrent qu’il y a eu au minimum contrainte ou surprise, comme l’avait retenu la cour d’assises en première instance. »
Maître Gros a conclu : « M. Grice, comme les autres, est présumé innocent. C’est à la cour d’assises de trancher, pas à moi. Mais la parole de notre cliente est corroborée par les éléments du dossier. Quelle que soit la stratégie de la défense, cela ne changera pas la réalité des faits qu’elle dénonce depuis neuf ans. »
*Prénom modifié pour protéger l’identité de la victime.







