Le second volet judiciaire de l’une des affaires les plus sordides du rugby français a débuté ce mercredi matin sous un climat lourd à la cour d’assises de la Charente, à Angoulême. Denis Coulson, Rory Grice et Loïck Jammes, anciens joueurs du FC Grenoble, sont désormais face à leur destin.
Condamnés en première instance à de lourdes peines de réclusion pour le viol en réunion d’une étudiante en 2017, les trois hommes jouent leur ultime carte en appel. Entre tensions procédurales et émotion palpable, cette première journée a posé les bases d’un procès qui s’annonce intense.
Dans le box des accusés, les attitudes contrastent fortement. Loïck Jammes apparaît étonnamment serein lors de son identification, tandis que Denis Coulson et Rory Grice affichent les stigmates de quinze mois d’incarcération. Coulson, en particulier, a surpris par sa maîtrise du français, phénomène étonnant après son mutisme observé en 2024. Face à eux, Marie (*), la victime, a dû affronter le regard et la voix de ses accusés, un moment de tension extrême qui a figé la salle.
Le début des débats a rapidement été freiné par une bataille de procédure. La défense a soulevé un incident relatif à l’identité des jurés. Les avocats de Denis Coulson ont critiqué le manque de précision sur les anciennes professions des jurés retraités, estimant que ce flou entravait le droit de récusation, fondamental pour un procès équitable.
Le célèbre pénaliste Me Jean-Yves Le Borgne, venu épauler la défense, a interpellé ironiquement le Procureur : « Je suis certain Monsieur le Procureur que si un des retraités avait eu le malheur d’avoir choisi la profession d’avocat, vous auriez aimé le savoir… »
Après trois suspensions d’audience et le rejet de cet incident par la cour, le jury final, composé de cinq hommes et quatre femmes, a été constitué peu après 13 heures. La question de la publicité des débats a ensuite suscité de vifs échanges. Si la défense plaidait en faveur d’une ouverture à la presse au nom de l’équilibre du procès, la cour a préféré protéger la victime.
Comme lors du premier procès à Bordeaux, la cour a validé la demande de la partie civile de tenir les audiences à huis clos partiel, excluant ainsi les médias malgré les objections de Me Denis Fayolle et de Me Filip Fitzgerald, nouvel avocat de Rory Grice.
Seuls les proches des accusés et de la victime pourront suivre les témoignages et expertises à venir. Ce procès en appel, délocalisé en Charente, doit apporter la lumière finale sur cette nuit de mars 2017 à Mérignac. Les trois hommes risquent la confirmation de peines de 12 à 14 ans de prison et entrent désormais dans le cœur du dossier.







