Arrivé l’été dernier dans un relatif anonymat après trois saisons au Japon, Nathan Hughes s’est rapidement imposé comme l’atout majeur du Racing 92. À 34 ans, ce numéro 8 international anglais (22 sélections) apporte au club francilien une puissance physique et une joie de vivre qui faisaient cruellement défaut.
Inquiet à son arrivée en France, redoutant l’exigence physique du Top 14, le colosse de 1,96 m pour 126 kg a su trouver ses repères grâce à une préparation mentale innovante. Sous les conseils d’un psychologue, il a choisi le rhinocéros comme animal totem.
Il révèle dans L’Équipe : « Je l’ai choisi parce qu’il incarne deux mots qui me parlent : dominant et puissant ». Ce « gimmick » est désormais sa signature : un tatouage de rhinocéros orne sa peau, et il célèbre ses essais en mimant les deux cornes sur son front. Sur le terrain, son objectif est limpide : « Courir droit avec le ballon, dominer le duel, imposer une présence. »
Mais derrière ce guerrier se cache un homme au caractère solaire et protecteur. Surnommé « Big Mamma » par ses coéquipiers, notamment Hassane Kolingar, ce sobriquet né d’une photo humoristique reflète surtout son rôle de grand frère au sein du groupe.
Nathan Hughes n’est pas qu’un rugbyman. Il aime cuisiner pour ses partenaires, offrir des cadeaux personnalisés et accueillir aussi bien les jeunes du centre de formation que les cadres internationaux chez lui. « Je viens d’une grande famille où on aime faire de grandes tablées. J’aime partager le pain, ouvrir les portes de chez moi », confie ce voyageur né aux Fidji, passé par la Nouvelle-Zélande et l’Angleterre.
### Les Fidji dans un coin de la tête
Malgré ses 34 ans, Hughes ne se considère pas en fin de carrière. Inspiré par la longévité de ses compatriotes Levani Botia ou Leone Nakarawa, il vise plusieurs saisons encore à haut niveau.
Son ultime rêve ? Porter un jour le maillot des Fidji, son pays d’origine, désormais à nouveau possible après l’assouplissement des règles d’éligibilité (sa dernière sélection anglaise datant de 2019). « Ce serait énorme pour moi, pour mes enfants, ma famille. Je ne dirai jamais que c’est trop tard. Je suis en paix avec ça. J’ai eu mon agent au téléphone l’autre jour et je lui ai bien expliqué que je me sentais prêt à jouer deux, trois ou quatre ans de plus. Quand je regarde ce qu’arrivent à faire (Levani) Botia à La Rochelle ou (Leone) Nakarawa à 37 ans avec Castres, ça me motive à fond. »
En attendant, c’est le public de la Paris La Défense Arena qui profite chaque week-end des charges dévastatrices de son « Rhino » préféré.






