Le second procès en appel de l’affaire qui secoue le rugby depuis 2017 s’est ouvert ce mercredi devant la cour d’assises d’Angoulême. Trois anciens joueurs du FC Grenoble, condamnés pour viol en réunion lors du premier jugement à Bordeaux en décembre 2024, sont à nouveau jugés à huis clos total.
Dès le début de l’audience, la partie civile a obtenu la protection demandée, limitant la présence aux seuls proches et familles des accusés. Malgré l’opposition farouche de la défense, qui plaidait pour la présence des médias afin de garantir « une question d’équité et d’équilibre », la présidente a tranché en faveur de la victime. Dans les cas de viol, cette mesure est presque systématique dès lors que la plaignante la sollicite.
Neuf ans après les faits, l’émotion demeure intacte pour « Marie » (nom d’emprunt), la victime. Les faits remontent à mars 2017, dans une chambre d’hôtel à l’issue d’une soirée de championnat. Si elle a montré une certaine sérénité à son arrivée, son émotion a rapidement émergé lors de la prise de parole de Loïck Jammes, l’un des accusés. Soutenue par son compagnon et sa mère, la jeune femme, devenue magistrate, a refusé toute médiatisation du procès. Selon L’Équipe, cette demande de huis clos pourrait résulter d’une pression hiérarchique ou vouloir éviter la diffusion des vidéos prises par les joueurs. Pour elle, la tenue d’un procès public était tout simplement « au-dessus de ses forces ».
Privés de public, les journalistes ont recueilli les témoignages pendant les suspensions d’audience. Plusieurs personnalités du rugby sont venues soutenir les accusés, incarcérés depuis quinze mois. Joe El Abd, adjoint du sélectionneur anglais Steve Borthwick et ancien entraîneur de Rory Grice à Oyonnax, est venu témoigner, avouant avoir « vécu un moment très difficile, plus difficile que la première fois ». Dougal Bendjaballah, président d’Oyonnax, a également pris la parole, révélant que les joueurs de son équipe continuent de se recueillir pour leur ancien coéquipier avant chaque match.
Denis Philipon, président de Provence Rugby, a quant à lui justifié en visioconférence le recrutement de Loïck Jammes malgré sa mise en examen, invoquant un profond respect de la présomption d’innocence. Les débats, intenses, doivent se poursuivre jusqu’au 3 avril prochain.







