Joan Caudullo, nouveau visage du Montpellier Hérault Rugby (MHR), semblait destiné à ce rôle bien avant sa nomination officielle à l’été 2024. Lors du mariage de son ami Jacques Boussuge, ses proches ne cessaient de l’interpeller en l’appelant « Hey, le manager ! » Un surnom qui s’est révélé prémonitoire pour cet ancien talonneur, âgé de 44 ans, qui vient de propulser le club héraultais à une impressionnante deuxième place du Top 14.
Dans une interview accordée à L’Équipe, Jacques Boussuge, compagnon de longue date de Caudullo, loue son tempérament inspirant : « Je ne savais pas qu’il allait prendre le poste. Je l’ai toujours surnommé le manager. Dès nos premières années à Montpellier, c’était le meneur du groupe. Il avait le « mindset » pour prendre ce rôle. Il était fait pour ça. C’était aussi un gros bosseur. »
À peine deux ans après ses débuts comme entraîneur, le technicien montpelliérain est devenu une cible recherchée sur le marché des transferts. Le Rugby Club Toulonnais manifeste clairement son intérêt pour s’attacher ses services et lui confier un rôle d’adjoint à Pierre Mignoni dès la prochaine saison. Son charisme discret rappelle les grandes figures du rugby français.
« Il a toujours eu cette âme de leader, » poursuit Boussuge. « Pourtant, il ne se met jamais en avant. C’est un mec discret, ce n’est pas lui qui crie le plus fort. En revanche, par sa sagesse, son intelligence et son leadership, quand Jo parle, tout le monde l’écoute. Et surtout, tout le monde le suit ! Un peu comme un Morgan Parra ou un Fabien Cibray à l’époque, ou un Thomas Ramos aujourd’hui, tu sais qu’il deviendra manager. Pour Joan, c’était la même chose. »
Le parcours de Caudullo est celui d’un bâtisseur patient. Écarté du MHR en tant que joueur en 2012 par Fabien Galthié, une séparation vécue sans rancune, il a acquis une solide expérience d’éducateur au Stade Montois avant de revenir dans son club de cœur. Philippe Saint-André souligne son flair pour repérer les talents, comme Tyler Duguid, devenu international cet été.
Son adjoint Benoît Paillaugue décrit un entraîneur d’une rigueur exemplaire : « Il est très carré, il adore planifier les semaines. On l’appelle Monsieur réunion ! C’est quelqu’un de très posé, très réfléchi. Tu sens tout de suite qu’il a le management dans le sang. Il est dans l’échange et il a toujours eu ce côté meneur d’hommes. »
Propulsé aux commandes par le président Mohed Altrad après un maintien arraché de justesse à Grenoble, Caudullo a dû affronter ses propres doutes. « En sortant du bureau du président, je ne faisais pas le malin, » confie-t-il avec franchise. « Est-ce que j’étais prêt ? Bien sûr que non, je n’avais aucune expérience. Toujours ce souci de légitimité que je me pose encore. »
Malgré cela, les résultats parlent pour lui. Après une victoire convaincante au stade Michelin face à Clermont (17-20), le MHR s’est installé sur le podium du Top 14. Cette réussite a même convaincu Bernard Laporte, d’abord sceptique, de se pencher activement sur la prolongation de son contrat.
Affaire à suivre…







