Grégory Patat quitte l’Aviron Bayonnais, Gerard Fraser le remplace en urgence
L’Aviron Bayonnais connaît un remaniement majeur en pleine saison. Grégory Patat, jusqu’ici manager du club basque, a décidé de partir après plusieurs mois de pression exercée par le président Philippe Tayeb. Face à ce départ précipité, c’est Gerard Fraser qui a été nommé manager sportif.
Dans un entretien accordé à Sud-Ouest, le nouvel entraîneur est revenu sur cette prise de fonction inattendue : « Au début, je ne savais même pas si je voulais être entraîneur. Ce n’était pas clair. J’ai essayé un peu, pour voir. Mais devenir manager d’un coup a été un peu un choc. Je n’étais pas forcément préparé. »
Concernant le départ de son prédécesseur, Fraser avoue avoir été surpris par le calendrier : « Le départ de Grégory Patat ? Je me suis dit que ça arriverait peut-être en fin de saison, mais pas si tôt. »
Malgré la tension observable, Gerard Fraser assure avoir toujours maintenu une relation transparente avec Patat : « Je suis quelqu’un de transparent. On l’a toujours été l’un envers l’autre. J’ai vu la frustration de Greg pendant cette période et moi, j’ai mis la tête dans le rugby. Je préfère éviter de perdre de l’énergie sur d’autres choses. Le plus important, c’était l’équipe, le fait qu’on gagne, qu’on joue bien à l’entraînement, qu’on se prépare bien… J’ai mis encore plus de distance que d’habitude. Ma responsabilité, c’est le jeu et les joueurs. »
Il précise aussi que, malgré la situation, il n’a pas jugé nécessaire d’intervenir dans les décisions du club : « C’était impossible de ne pas voir ou entendre tout ce qui se passait, même de loin. Mais ce n’était pas vraiment à moi de donner mon avis. Je restais dans mon couloir. »
Fraser estime que Patat n’a aucun ressentiment à son égard : « On était au courant de certaines choses, Greg en gardait d’autres pour lui, c’est normal. Ce qu’on devait savoir tous les deux, on le savait. Il n’y a jamais eu de frictions entre nous par rapport à ça. »
Et d’ajouter à propos de son engagement sur plusieurs années : « J’ai expliqué à Greg pourquoi j’ai signé quatre ans. C’était important que ce soit clair entre nous. Après, je ne sais pas exactement comment lui l’a pris… Il ne m’a rien dit, donc pour moi c’était clair. »
Enfin, Fraser revient sur les changements que ce nouveau poste implique pour lui : « Je parle peu parce que dans ma logique, il faut d’abord écouter. Et si tu veux que ta parole ait du poids, il faut être pertinent, y compris dans le timing pour s’exprimer. Si tu parles trop, les joueurs en ont marre et ce que tu dis perd de l’importance. Je suis comme ça. Mon père est pareil. Ça vient aussi du fait que je suis assez ouvert dans ma vision de la vie. J’aime bien apprendre, j’aime écouter les idées, ce que pense l’autre personne, pour confronter les visions. »
L’intensité du changement a été telle qu’il confesse avoir passé trois nuits blanches : « Je n’ai pas dormi pendant trois jours (rires). J’aime bien me réveiller tôt mais là, j’avais plein de choses dans la tête. »







