La Section Paloise traverse-t-elle une nouvelle crise ? Après avoir longtemps occupé la deuxième position du Top 14, les Béarnais peinent à confirmer dans les moments clés. Entre défaites lourdes à Toulouse et Perpignan, et une défaite frustrante à La Rochelle, le doute s’installe : Pau va-t-il une fois de plus s’effondrer avant le printemps ?
### Une progression masquée par les « doublons »
Sébastien Piqueronies, le manager de la Section Paloise, refuse cependant de céder au pessimisme. Selon lui, le club n’a jamais été aussi solide en hiver.
« C’est vrai que cet hiver est le moment où nous sommes le plus irréguliers sur nos performances, avec notamment de vrais sauts d’irrégularité à l’extérieur », admet-il dans Midi Olympique.
Mais il tempère aussitôt : « On a paradoxalement géré l’hiver légèrement mieux que lors des quatre dernières saisons. Si on regarde notre historique, on a toujours eu des difficultés l’hiver. On l’a mieux géré statistiquement, malgré beaucoup plus contraintes. C’est une progression. »
Le coach souligne notamment les difficultés liées à la gestion des internationaux, une nouveauté pour le club, qui a dû bricoler parfois ses compositions, comme avec la titularisation du troisième ligne Reece Hewat au centre. « Je n’ai pas quinze ans d’expérience, avec quinze internationaux réguliers et une équipe « C » capable de gagner partout. C’est très important d’objectiver nos propos par rapport à l’état de construction dans lequel on est », rappelle-t-il.
### Un changement de dimension mental
Si les résultats vacillent, l’exigence, elle, s’est considérablement accrue. L’exaspération affichée après la défaite à Marcel-Deflandre témoigne d’une nouvelle mentalité. « Il y a trois ou quatre ans, nous aurions croisé les doigts pour ne pas subir un lourd revers », confesse Piqueronies.
Désormais, l’ambition est claire : viser le Top 6, rien d’autre. Accrochée à une troisième place fragile, la Section sait qu’elle ne peut plus se permettre d’erreur. « Notre objectif est clairement le top 6. Oui, on sait que c’est difficile et que ce n’est pas assuré. Ce n’est pas de la peur, c’est de la lucidité. Mais je vous garantis que nous sommes très ambitieux et qu’on vivrait mal le fait de ne pas être dans le top 6 en fin de saison », affirme le manager.
### Un calendrier de l’enfer pour prouver leur montée en puissance
Le sprint final s’annonce redoutable. Pour espérer une qualification historique, le compte est simple mais terrifiant : il faudra probablement 17 victoires. Un défi de taille avec au programme des déplacements à Bayonne et au Stade Français, ainsi que des confrontations face à Montpellier et Clermont.
« Ce que je sais, c’est que depuis le début de saison, nous sommes en progression, nous grandissons », martèle Piqueronies. Avec le retour de ses internationaux, et surtout de son buteur Joe Simmonds, la Section dispose de sept journées pour rompre avec ses mauvaises habitudes et décrocher son billet pour les phases finales.
Deux priorités ont été clairement définies : « Il y a deux choses vitales : il faut garder le Hameau invaincu et il faut gagner encore une fois de plus à l’extérieur. Il faudrait donc a minima dix-sept victoires pour se qualifier, ce qui paraît fou ! » La bataille s’annonce féroce.







