Il y a dix ans, le rugby français connaissait l’un de ses événements les plus marquants : le Racing-Métro 92 réussissait un coup de maître en recrutant Dan Carter, la légende vivante des All Blacks. Un transfert d’envergure fruit de six années de négociations menées par Jacky Lorenzetti, alors président du club.
Ce samedi, Midi Olympique lève le voile sur les coulisses de cette opération hors normes.
**Une séduction digne d’un thriller**
L’aventure débute en 2010. Lorenzetti entre dans l’intimité de Dan Carter en s’immisçant dans son agenda lors d’une tournée des Blacks. Entre dîners privés au domicile du président et échanges confidentiels sur Skype, le dirigeant tisse patiemment un lien fort avec l’ouvreur néo-zélandais.
« L’événement est exceptionnel ! » déclarait Lorenzetti en décembre 2014, soulignant la fin d’un véritable feuilleton. Pourtant, Carter aurait pu ne jamais répondre présent, sa priorité restant son pays.
« Il a été intéressé très vite, mais les All Blacks restaient une priorité et il était prêt à faire des allers-retours incessants », confiera plus tard le patron du Racing. « Nous ne voulions pas d’une collaboration épisodique. Il l’a très bien compris. »
**Le départ de Jonathan Sexton, opportunité décisive**
Derrière cette façade souriante, la stratégie du Racing était implacable. Le départ potentiel de l’Irlandais Jonathan Sexton, alors titulaire au poste d’ouvreur, est scruté de près par Lorenzetti. Fin 2014, le timing est parfait : Sexton exprime son envie de quitter le club tandis que Carter annonce son intention de prendre sa retraite internationale après la Coupe du Monde 2015.
« Nous sentions que Jonathan Sexton avait du mal à s’intégrer pour des raisons familiales, puis Dan nous a fait savoir qu’il arrêterait sa carrière internationale après la Coupe du monde 2015. Nous avons sauté sur l’occasion », avoue le président. Ce transfert marque l’entrée du Racing dans une nouvelle dimension, tant sur le plan sportif que marketing, avec un salaire estimé à 31 000 dollars par semaine à l’époque.
**Un contrat signé au cœur de la nuit**
Le dénouement survient dans la nuit du 15 décembre 2014. Le secrétaire général du Racing s’envole pour Auckland avec le contrat en main. À 2 heures du matin, le téléphone de Lorenzetti sonne : « le contrat est paraphé », annonce-t-on.
Quelques minutes plus tard, Dan Carter envoie une vidéo qui fera le tour du monde : « Paris ! J’adore cette ville […] Je serai au Racing à partir de décembre 2015. »
La suite est une page glorieuse de l’histoire du club. Six mois après son arrivée, le Néo-Zélandais soulève le Bouclier de Brennus au Camp Nou, validant ainsi le plus grand pari de l’histoire du Racing.







