Le printemps toulousain rime une fois de plus avec renouveau, mais cette saison s’accompagne d’une inquiétude palpable. Ce samedi, alors que Montpellier se présente à Ernest-Wallon, le Stade Toulousain doit intégrer ses internationaux, lourdement éprouvés par un Tournoi des Six Nations marqué par une intensité exceptionnelle.
Entre l’euphorie du sacre et la fatigue accumulée, le staff haut-garonnais avance avec prudence.
### La « réunification » après l’enfer du calendrier
Le format condensé de la compétition internationale a laissé des traces profondes. Enchaînant les rencontres à haute intensité sur six semaines au lieu de sept, les Bleus ont dû puiser dans leurs dernières ressources pour conserver leur titre.
« Ce début de semaine a été placé sous le signe de la récupération et de la réunification », confiait vendredi Jean Bouilhou, entraîneur des avants.
Si le succès final redonne du baume au cœur, la réalité physique demeure complexe. Plusieurs cadres toulousains doivent retrouver leur rythme pour s’aligner aux exigences du Top 14. François Cros et Julien Marchand, piliers indispensables, seront ainsi ménagés ce week-end, absents de la feuille de match afin d’éviter toute blessure.
### Antoine Dupont en embuscade
Le capitaine Antoine Dupont, épargné par les blessures cette saison contrairement à l’an dernier, débutera sur le banc. Le prodige de Castelnau-Magnoac laissera le jeu d’entrée à Romain Ntamack et Thomas Ramos. Cette gestion minutieuse vise à prévenir un épuisement prématuré avant le huitième de finale de Coupe d’Europe contre Bristol.
En économisant ses forces vives, Toulouse joue gros. Montpellier, lui, débarque gonflé à bloc, prêt à faire chuter le champion à domicile. « Ce qui est sûr, c’est qu’on les a sentis frais cette semaine, pleins d’enthousiasme et boostés par le titre gagné en sélection », tempère Bouilhou. Les internationaux ont dû opérer un « switch » mental rapide pour se replonger dans la rigueur du Top 14.
### Le danger d’un Montpellier « relooké »
L’issue du match dépendra en grande partie de la capacité des remplaçants et des doublons à tenir tête à un MHR ambitieux. Toulouse mise sur une reconnexion rapide de ses stars afin d’éviter tout accident sur ses terres.
Paul Costes, centre toulousain, reste confiant : « Ce n’est pas la première fois que ces mecs-là gagnent un trophée, ils savent comment se remettre très vite au travail derrière. » Dans un Ernest-Wallon comble, les Rouge et Noir n’ont pas droit à l’erreur. Leur défi : réussir cette phase de transition avant d’aborder les matchs décisifs de la scène européenne.







