Samedi soir, sur la pelouse de Saint-Sébastien, le Stade Rochelais a non seulement perdu face à Bayonne (26-15), mais a surtout vu ses cadres s’effondrer les uns après les autres. Dans une saison déjà marquée par une série noire, le club de Ronan O’Gara se retrouve confronté à une véritable hécatombe.
Le coup dur est venu avec la sortie sur blessure de Will Skelton. Le pilier australien, moteur du pack rochelais, a dû quitter le terrain dès la 34e minute, appuyé sur des béquilles, laissant planer un doute majeur sur la suite de sa saison. « Avec tous les efforts qu’il avait faits pour revenir suite à ses blessures… On a une grosse pensée pour lui ce soir. J’espère qu’il va vite récupérer », a confié Rémi Talès, adjoint du club, redoutant une rupture du tendon d’Achille. Déjà freiné par des problèmes au mollet à l’automne, le colosse de 33 ans subit un nouveau coup dur au pire moment. Son capitaine, Dillyn Leyds, s’est montré inquiet : « Quand il est sorti, il m’a dit que c’était peut-être sérieux ». Privé de son arme majeure en mêlée et sur les ballons portés, La Rochelle perd un atout indispensable.
Les blessures ne se sont pas arrêtées là. Levani Botia, infatigable gratteur fidjien de 37 ans et joueur le plus utilisé cette saison, a lui aussi dû quitter le terrain, touché au mollet droit. Son absence a immédiatement fragilisé la défense rochelaise, offrant un boulevard aux Basques. À la toute fin du match, l’arrière Davit Niniashvili est sorti à son tour, victime d’une grave entorse à la cheville gauche, complétant un tableau médical déjà sombre.
Ces pertes ont eu un impact psychologique réel, reconnu par l’adversaire bayonnais Baptiste Chouzenoux : « Pour la mêlée et les ballons portés, ça nous a forcément aidés. C’est certain que c’est un peu plus facile quand des joueurs comme Skelton ou Botia ne sont pas sur le terrain ». Une analyse partagée par Rémi Talès : « Quand tu vois Botia sortir, Skelton sortir, même si tu passes à 14, tu prends un ascendant psychologique ».
Depuis septembre, la situation au Stade Rochelais est alarmante. Sur 50 joueurs utilisés, 38 ont été victimes de blessures, selon L’Équipe. Certains absents sont définitifs, comme Jonathan Danty ou l’emblématique Uini Atonio, contraint à la retraite après un accident cardiaque. Les « saisons saucissonnées » se multiplient, à l’image de Pierre Bourgarit (15 matchs manqués), Paul Boudehent (11) ou Nolann Le Garrec (7). « On a eu un nombre incalculable de blessés… J’espère que ça va enfin s’arrêter », espère Rémi Talès.
Avec jusqu’à 19 joueurs absents simultanément, La Rochelle ne lutte plus seulement sur le terrain face à ses adversaires, mais semble engagée dans une bataille désespérée contre une malédiction qui n’en finit plus.







