Anthony Belleau s’épanouit loin du Top 14, sous les couleurs des Northampton Saints. Malgré ses douze sélections en équipe de France et son exil outre-Manche, l’ouvreur de 29 ans reste profondément attaché à ses racines.
Invité samedi soir de l’émission « Hors-jeu », le natif de Monflanquin a rendu un vibrant hommage à son club formateur, les 4 Cantons-BHAP, révélant au passage une habitude singulière qui l’accompagne dans tous ses déplacements.
### Le rugby, une évidence dès la cour de récré
Pour Anthony Belleau, la passion du ballon ovale n’est pas née dans les grands stades, mais sur les terres agricoles du Lot-et-Garonne. Fils d’un agriculteur devenu entrepreneur et partenaire du SU Agen, il a baigné très tôt dans cette atmosphère unique.
« J’ai commencé le rugby sur le terrain du village, avec les copains, dans la cour de récréation, mais aussi avec mes parents et surtout mon père », confie-t-il avec émotion.
Rapidement, l’ambition de devenir professionnel s’est imposée à lui, au point de ne pas comprendre les aspirations plus classiques de ses camarades.
« À partir du moment où j’ai vu l’ambiance dans le stade et ce que cela procurait, en liant cela avec le fait de jouer avec les copains, je me suis dit que c’était le métier de rêve. Quand j’étais petit, je disais à mes parents : “Je ne comprends pas les gens qui veulent devenir médecin ou faire de grands métiers. Je ne sais pas pourquoi les gens ne veulent pas tous faire rugbyman pro.” »
### Un porte-bonheur insolite dans ses bagages
Aujourd’hui cadre des Saints en Angleterre, Belleau n’oublie pas ce qu’il doit à ses premiers éducateurs de Fédérale 1. Selon lui, son plaisir de jouer est indissociable de ses débuts aux 4 Cantons.
« Je l’emporte partout avec moi, car c’est là qu’est née cette passion. Je me sens aussi un peu redevable, parce que ce sont eux qui m’ont fait vivre cela. Peut-être que si j’avais joué dans un autre club, je n’aurais pas pris de plaisir. »
Cette gratitude se manifeste de manière très concrète : l’ouvreur français transporte un morceau de son village à chaque match professionnel. « D’ailleurs, partout où je suis passé depuis que je suis professionnel, j’ai toujours leur paire de chaussettes sur mon sac à dos et sur mon sac de rugby quand on part en déplacement… »
Au-delà de sa symbolique, ce porte-bonheur s’avère aussi très utile lors des déplacements.
« Tout le temps sur le sac ! C’est bien. C’est à la fois le fait de les représenter, de les emmener partout avec moi, d’en être très fier… Mais aussi, quand tu ouvres le bus et que tu sors les cinquante sacs de l’équipe, tous les mecs sont en train de chercher, et moi, je le repère direct ! C’est marrant, mais j’y tiens. »







