Le Stade Toulousain s’est imposé 45-29 face à Montpellier à Ernest-Wallon, mais l’ambiance reste lourde à quelques jours d’un huitième de finale crucial contre Bristol. Malgré la victoire, le collectif toulousain peine à retrouver sa cohésion, laissant apparaître des lacunes inquiétantes.
La « réunification » des internationaux, espérée comme un déclic pour relancer la machine toulousaine, tarde à porter ses fruits. Jean Bouilhou, l’entraîneur des avants, exprime sa déception : « Pas mal de frustration, effectivement, au vu du contenu du match. On finit quand même par gagner ce match, mais on voit qu’il s’en est fallu de peu quand même, que Montpellier revienne fort dans la partie. On a donné un petit peu le bâton pour se faire battre par moments. »
Si Toulouse a mené largement à la pause, un manque d’énergie et de rigueur a marqué la seconde période. Dès la 33e minute, le staff a procédé à plusieurs changements tactiques, signe d’un certain agacement. « Déjà à l’échauffement, on ne sentait pas une énergie de fou. On a voulu vite qu’il y ait une réaction, c’est pour ça qu’il y a eu ces changements assez rapidement. Ça dénote un petit peu un manque d’enthousiasme général cet après-midi », regrette l’entraîneur.
Plusieurs coups durs sont venus perturber la prestation : le forfait de dernière minute d’Emmanuel Meafou, la sortie frustrée de Thomas Ramos, et la blessure à l’épaule de Jack Willis. Même l’entrée d’Antoine Dupont n’a pas suffi à redonner de la vigueur à une deuxième mi-temps morose (14-14), face à un Montpellier largement remanié. Paul Graou, demi de mêlée, reconnaît cette panne d’agressivité : « Oui, on est un peu frustré. Après, on ne va pas cracher sur la victoire quand même parce que c’était une solide équipe de Montpellier. Mais je pense qu’au vu du match, on aurait pu en mettre un peu plus, notamment dans l’agressivité. Sur les duels, je pense qu’on a perdu des duels, des contacts où on n’était pas à notre meilleur niveau en défense. »
Le constat défensif est particulièrement alarmant : Toulouse a concédé 29 points et quatre essais, confirmant les failles déjà mises en lumière lors de la déroute à Bordeaux la semaine précédente. De plus, le Stade Toulousain est désormais la deuxième équipe cette saison à ne pas décrocher le bonus offensif à domicile. Pour Jean Bouilhou, l’état d’esprit défensif doit être reconstruit de toute urgence : « C’est sûr que par moments, on a senti l’équipe très sur la défensive. On a loupé beaucoup de plaquages aussi. On prend un ballon porté, qui dénote aussi l’état d’esprit d’une équipe. Cette défense que nous avons devant, ce sont des points forts chez nous. C’est sûr que là, ça nous a mis à mal encore une fois ces ballons portés. Il y aura des choses à travailler encore dans la semaine. »
Malgré ces signaux d’alerte, le vestiaire fait preuve d’optimisme, attendant un simple temps d’adaptation : « Après, c’est un match de reprise pour pas mal de mecs qui étaient en vacances et qui reviennent du tournoi. Ce sont des automatismes à reprendre ensemble. Qu’on repasse du temps ensemble. Je pense que ce match va nous faire du bien aussi pour la suite », tempère Paul Graou.
Le Stade Toulousain dispose désormais de six jours pour corriger le tir et affûter sa concentration avant que la phase à élimination directe de la Champions Cup ne débute. Le bras de fer contre Bristol s’annonce déjà décisif.







