Lundi 30 mars, l’atmosphère était tendue dans la cour d’appel de Toulouse. À la barre, Jean-Baptiste Aldigé, 41 ans, ancien président emblématique du Biarritz Olympique et actuel dirigeant du Nissa Rugby, défendait son honneur. Condamné en première instance pour des violences sur un restaurateur toulousain, il récuse fermement sa culpabilité, réaffirmant sa version des faits.
L’affaire remonte au 5 juin 2022, sur le parking du stade Ernest-Wallon, juste après un match opposant le Stade Toulousain au Biarritz Olympique. Ce qui devait être la fin d’une saison sportive a viré à un conflit personnel entre Aldigé et Vincent, un ancien proche.
Derrière cet affrontement physique se cache une fracture intime profonde. En 2018, Jean-Baptiste Aldigé avait été quitté par sa compagne enceinte, qui avait ensuite refait sa vie avec Vincent. Ce dernier était même présent à la naissance de la fille du dirigeant. Depuis, les relations entre les deux hommes sont marquées par une succession de provocations.
Devant la cour, Aldigé a raconté calmement sa version : « J’étais là pour mon travail. J’ai croisé mon ex-compagne qui souhaitait me parler. Des insultes ont été proférées et l’on m’a dirigé vers une autre direction. » Il admet une dispute verbale et une empoignade, mais nie tout coup : « On s’est insultés, empoignés, mais rien de plus. La police a tout vu. »
Un des points clés du procès reste l’absence de preuves matérielles. Malgré la présence d’un système de vidéosurveillance sur le site, aucune image de l’incident n’a été présentée. Le procureur a dénoncé ce vide avec virulence, évoquant une possible protection corporatiste : « Cela rappelle de nombreuses procédures impliquant des rugbymen. Les vidéos ne fonctionnent jamais, les preuves ne sont pas conservées. Est-ce de la solidarité ou une protection pour éviter des sanctions ? Ces vidéos ont existé mais elles ont étrangement disparu. »
Malgré ce « trou noir » numérique, la présidente a souligné l’existence de deux certificats médicaux attestant des blessures au visage de la victime. Pour la partie civile, qui demande symboliquement un euro de dommages et intérêts, la responsabilité d’Aldigé est claire : « Il est venu à notre rencontre, pas l’inverse », a plaidé Me Jacques Derieux.
Le ministère public a requis la confirmation de la condamnation initiale avec une amende de 500 euros. La défense, de son côté, a demandé la relaxe pure et simple, soulignant un dossier vide de témoignages, malgré la présence de 12 000 supporters ce soir-là.
La cour d’appel a mis sa décision en délibéré. Le verdict final sera rendu le 23 juin à 14 heures, mettant peut-être un terme à ce feuilleton judiciaire.






