Le feuilleton judiciaire opposant Jean-Baptiste Aldigé à un restaurateur toulousain a connu un rebondissement ce lundi 30 mars 2026. L’ancien président du Biarritz Olympique, aujourd’hui à la tête de Nissa Rugby, comparaissait devant la cour d’appel de Toulouse pour des faits de violences datant de juin 2022. Condamné en première instance, le dirigeant de 41 ans clame son innocence et réclame la relaxe.
### Un conflit personnel sur fond de rugby
Les événements remontent au 5 juin 2022, sur le parking du stade Ernest-Wallon, à l’issue d’un match opposant le Stade Toulousain au Biarritz Olympique. Au cœur du litige, une rivalité personnelle opposant Jean-Baptiste Aldigé à Vincent, nouveau compagnon de son ex-conjointe. Ce dernier a été décrit en audience comme étant au centre d’une situation « saturée de provocations » depuis plusieurs années.
Devant la cour, Jean-Baptiste Aldigé a défendu sa version avec calme : « J’étais là pour mon travail. J’ai croisé mon ex-compagne qui souhaitait me parler. Des insultes ont été proférées et l’on m’a dirigé vers une autre direction », a-t-il expliqué, avant de poursuivre : « On s’est insultés, empoignés, mais rien de plus. La police a tout vu ».
### Le mystère des vidéos disparues
La partie civile, représentée par Me Jacques Derieux, affirme que le dirigeant est « venu à notre rencontre, pas l’inverse ». Pourtant, le dossier souffre d’un manque flagrant de preuves matérielles. Malgré la présence de 12 000 supporters et un dispositif de vidéosurveillance couvrant l’ensemble du stade, aucune image de l’altercation n’a été présentée lors des débats.
Cette absence de preuves a suscité l’irritation du procureur, qui a soulevé la question d’une possible complicité au sein du milieu rugbystique : « Cela rappelle de nombreuses procédures impliquant des rugbymen. Les vidéos ne fonctionnent jamais, les preuves ne sont pas conservées. Est-ce de la solidarité ou une protection pour éviter des sanctions ? Ces vidéos ont existé mais elles ont étrangement disparu ».
### Délibéré fixé au 23 juin
La défense, dénonçant un dossier « vide de témoignages directs », a plaidé pour la relaxe pure et simple. En revanche, le ministère public a demandé la confirmation de la condamnation initiale, assortie d’une amende de 500 euros.
La cour d’appel a mis sa décision en délibéré. Le verdict sera rendu le 23 juin prochain à 14 heures, mettant fin à une procédure qui dure depuis près de quatre ans.







