Sireli Maqala fait son grand retour en Top 14, et l’impact est immédiat. Le joueur fidjien de l’Aviron bayonnais, longtemps discret cette saison, a illuminé le match face à La Rochelle en menant une « remontada » spectaculaire qui restera dans les annales.
Dans les colonnes de Midi Olympique, l’entraîneur Gerard Fraser confirme que Maqala n’a pas encore atteint son pic de forme. « Sireli a été à l’image de l’équipe. Il y a eu beaucoup d’engagement en première période, ce n’était pas la mi-temps la plus qualitative que l’on ait pu faire. Ensuite, avec la fatigue qui s’est accumulée, Sireli a pu trouver des espaces », explique-t-il.
Cette résurrection cache pourtant une fragilité physique. Le joueur en paye encore le prix après une saison précédente marquée par un enchaînement intense de matchs. « Mais la saison d’avant avait été très longue. Sireli avait disputé plein de matchs, il n’avait peut-être pas eu assez de récupération. C’est normal que les joueurs aient des périodes où ils ne sont pas en grande forme. Ce qui est important, c’est qu’il bascule, à présent, vers la meilleure version possible de lui-même », souligne Fraser.
Cette « meilleure version » passe par un travail intense dans l’ombre, notamment sur ses faiblesses, comme sa discipline dans les rucks. « On a notamment discuté du moment où il pouvait, ou pas, attaquer les rucks. Sireli a un centre de gravité très bas, il est difficile à bouger. Sur la vitesse d’exécution, il va très rapidement au sol, ça donne une image assez nette à l’arbitre pour que le coup soit gagnant, mais je trouvais qu’il était trop pénalisé, son taux de réussite était un peu bas », précise le technicien bayonnais.
Si sa défense demande encore à être améliorée — cinq plaquages manqués samedi en témoignent — c’est le retour de son sourire rayonnant qui inquiète désormais ses adversaires. « Sireli aime inscrire des essais. Quand il rigole ballon en main, on sait qu’il va se passer quelque chose d’intéressant », confie Fraser. Et l’entraîneur d’ajouter, ravi : « Petit à petit, il revient à son meilleur niveau. J’ai bien aimé ces deux dernières semaines ».
La menace est donc bien réelle pour cette fin de saison. Si Maqala retrouve pleinement sa régularité, Bayonne pourrait changer de dimension. « Il peut amener des choses spéciales à notre jeu offensif, car c’est un joueur fantastique, difficile à arrêter ou à toucher lorsqu’il a la balle, mais pour moi, il n’est qu’à 70 % de ses capacités », conclut Gerard Fraser.
Le volcan fidjien est en train de se réveiller, et il risque bien de tout emporter sur son passage.







